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La Puce à l'oreille
Georges FEYDEAU

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Stanislas NORDEY
   Compagnie Nordey
Avec : Gérard Belliard, Cyril Bothorel, Marie Cariès, Garance Dor, Olivier Dupuy, Christian Esnay, Raoul Fernandez, Eric Laguigné,Valérie Lang, Sophie Mihran, Bruno Pesenti, Loïc Le Roux, Laurent Sauvage, Boris Sirdey
Assistant : Christine Letailleur
Décor : Emmanuel Clolus
Costumes : Raoul Fernandez
Lumière : Philippe Berthomé
Son : Nicolas Guérin ; Chorégraphie : Loïc Touzé

Planning :
 

Théâtre du Nord
4, Place du Général de Gaulle   Lille
www.theatredunord.fr
Tel: 0320142424
  du 04/05/2004 au 09/05/2004 à 20:00
Grande salle. Jeudi à 19h00.Dimanche à 16h00
   
TNS Théâtre National de Strasbourg ( Strasbourg )   du 27/01/2004 au 15/02/2004
Théâtre National de la Colline ( Paris )   du 14/05/2004 au 18/06/2004



Chandebise ne peut plus honorer sexuellement sa femme. Celle-ci le piège car elle le croit infidèle. Le hasard et l'absurde s'en mêlent lorsque à l'hôtel du Minet Galant où le pauvre homme se retrouve, surgit son sosie, présence aggravant le gouffre déjà entrouvert. Pour Stanislas Nordey, Feydeau est « celui qui a su le mieux explorer la vie du cauchemar éveillé, de la fantaisie inquiétante sans limites de vraisemblance ». Kafka et les Marx Brothers sont ses plus proches compagnons pour le démontage et l'assemblage des mécanismes de la « machine » que Feydeau a inventée.

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

J'ai toujours privilégié dans mes choix de textes, l'inédit, l'inexploré, le contrepoint, les terres mouvantes. Après Schwab, Pasolini et Gabily ces trois dernières années, j'ai choisi Magnus Dahlström et Georges Feydeau, un grand écart apparent mais en réalité un chemin très cohérent dans mon parcours. Dahlström s'inscrit délibérément dans l'exploration obstinée du répertoire contemporain que je mène depuis dix ans et Feydeau un peu au même titre que mon voyage en terre élisabéthaine (Le Songe d'une Nuit d'Été) représente un passage à l'acte toujours différé mais ardemment désiré.

Feydeau est pour moi celui qui a su peut-être le mieux, au cours du siècle précédent, explorer la vie du cauchemar éveillé, de la fantaisie inquiétante sans limites de vraisemblance. Le deuxième acte de La Puce à l'oreille est sans conteste un chef-d'œuvre de « nonsense », une mécanique théâtrale maîtrisée d'abord, puis qui s'emballe au point de verser dans le fossé. J'aime la rythmique d'une langue, pouvoir m'y attacher, la décrypter et la précision d'écriture de Feydeau me fascine à plus d'un titre. Un homme, Chandebise, ne peut plus honorer sexuellement sa femme. Celle-ci le piège car elle le croit infidèle. Le hasard et l'absurde s'en mêlent lorsque à l'hôtel du Minet Galant où le pauvre homme se retrouve, surgit son sosie, présence aggravant le gouffre déjà entrouvert. Ce même sosie en une ultime pirouette sautera par la fenêtre du 1er étage comme par enchantement et disparaîtra à jamais. À la toute fin de la pièce, Chandebise promet à sa femme, qui à la suite de ses défaillances sexuelles lui avait dit avoir « la puce à l'oreille », qu'il tuera la puce ce soir. Enfin « j'espère », conclut-il. La pièce se terminant par une interrogation en suspens. Kafka et les Marx Brothers sont mes plus proches compagnons dans l'élaboration de la scénographie et de la dramaturgie. Feydeau inventait des machines, ce sont le démontage et l'assemblage de ces mécanismes qui m'intéressent. Pas question de trancher dans une fausse querelle, entre l'idée de « faire un Feydeau sérieusement » ou de « succomber à la tentation du cabotinage »  ; ce désir est là, indiscutable, pollué par rien d'autre que par l'angoisse d'échouer à restituer quelque chose d'intense quant à la beauté architecturale de cette pièce.

1907, la Belle Époque, un nouveau siècle, une avant-veille de premier conflit mondial, Paris. Il va de soi que notre recherche portera aussi sur la provenance de cette voie-là, sur le mystère de ces pièces dont le cadre était souvent des appartements bourgeois du boulevard des Capucines ou du boulevard Haussmann et dont les représentations se déroulaient à quelques centaines de mètres de là sur les boulevards. Du rire il sera question sans doute car dans notre imaginaire comme dans celui du spectateur, il est le premier témoin convoqué à l'évocation de ce théâtre-là.

Stanislas Nordey


Je pars toujours de la vraisemblance. Un fait – à trouver – vient bouleverser l'ordre de marche des événements naturels tels qu'ils auraient dû se dérouler normalement. J'amplifie l'incident. Si vous comparez la construction d'une pièce à celle d'une pyramide, on ne doit pas partir de la base pour arriver au sommet, comme on l'a fait jusqu'ici. Moi, je retourne la pyramide  : je pars de la pointe et j'élargis le débat.

Georges Feydeau
Cité par Michel Georges-Michel, L'Époque Feydeau, Candide, 4 janvier 1939


Lorsque je suis devant mon papier, et dans le feu du travail, je n'analyse pas mes héros, je les regarde agir, je les entends parler  ; ils s'objectivent en quelque manière, ils sont pour moi des êtres concrets  ; leur image se fixe dans ma mémoire, et non seulement leur silhouette, mais le souvenir du moment où ils sont entrés en scène et de la porte qui leur a donné accès. Je possède ma pièce comme un joueur d'échecs son damier. J'ai présentes à l'esprit les positions successives que les pions (ce sont mes personnages) y ont occupées. En d'autres termes, je me rends compte de leurs évolutions simultanées et successives. Elles se résument à un certain nombre de mouvements. Et vous n'ignorez pas que le mouvement est la condition essentielle du théâtre et par suite (je puis le dire sans immodestie après tant de maîtres qui l'ont proclamé) le principal don du dramaturge.

Georges Feydeau
Cité par Adolphe Brisson, Une leçon de vaudeville, Portraits intimes, 5e série, Colin, Paris, 1901


Georges Feydeau (1862-1921)

Georges Feydeau naît à Paris le 8 décembre 1862. Il descend, par son père, des Marquis de Feydeau de Marville. Ernest Feydeau, son père, était à la fois boursier, directeur de journaux et romancier. À 40 ans, il a épousé Lodzia Zelwska, juive polonaise âgée de 20 ans, nièce du vicomte de Calonne. De cette union, naîtront Georges en 1862 et Valentine en 1866. Très belle femme, Lodzia aura de nombreuses aventures, notamment parmi les plus hautes personnalités de l'empire. On dit que Georges aurait pu être le fils de Napoléon III… ou du Duc de Morny. Très tôt, Georges se passionne pour le théâtre. Ses études au lycée l'ennuient terriblement et pendant les cours, il écrit. Il cultive également un autre violon d'Ingres  : la peinture. À 26 ans, il épouse Anne-Marie Carolus- Duran, fille du célèbre peintre dont il a été l'élève. Ils auront quatre enfants. Au lendemain de son mariage, Georges s'efforce de mener une vie stable et réglée. Cela ne dure qu'un temps et il renoue bien vite avec ses anciennes habitudes de noctambule. Il ne peut se passer de la vie nocturne, du Boulevard, de Chez Maxim's, où il trouve la plus grande partie de son inspiration, du jeu – où il perd des sommes faramineuses – et des femmes. Ses liaisons sont cependant sans lendemain, c'est sans doute pour cette raison qu'il ne subsiste aucune correspondance amoureuse de Feydeau. Peu à peu le couple se délite. Anne-Marie entretient une liaison avec un homme plus jeune qu'elle. Georges ne le supporte pas, quitte le domicile conjugal et s'installe à l'hôtel Terminus, en face de la gare Saint-Lazare. Il y restera dix ans. En 1909, le couple divorce. À l'approche de la quarantaine, Georges Feydeau est las du métier d'auteur dramatique, et plus particulièrement du vaudeville, mais il doit gagner de l'argent. Ses revenus sont certes énormes grâce aux reprises de ses succès dans le monde entier, mais insuffisants pour subvenir à ses dépenses  : train de vie, éducation de ses quatre enfants, dépenses de jeu, sa passion pour les toiles impressionnistes… Les femmes l'ennuient également. Il s'adonne à de nouveaux plaisirs  : il s'intéresse notamment aux jeunes gens et plus particulièrement aux grooms des grands hôtels. Il s'adonne à la cocaïne pour stimuler ses facultés créatrices, mais en consomme avec prudence, sans jamais tomber dans la dépendance. En 1919, atteint de la syphilis, il est hospitalisé à Rueil-Malmaison. Il souffre de troubles psychiques et n'hésite pas alors à se présenter comme le fils naturel de Napoléon III et à s'y identifier. Il meurt à l'âge de 58 ans.

Feydeau a écrit la Puce à l'oreille en 1906. Il est âgé de 45 ans. Il est l'un des vaudevillistes les plus applaudis du public et les plus courtisés par les directeurs de théâtre. La pièce est présentée au Théâtre des Nouveautés en 1907. Elle remporte un triomphe. Elle sera reprise de nombreuses fois, notamment par Jacques Charon (1967, Théâtre Marigny). Elle entre à la Comédie Française en 1978, dans la mise en scène de Jean-Laurent Cochet. Marcel Maréchal (1985), Jean-Claude Brialy (1968 et 1971), Bernard Murat (1996) l'ont, entre autres, mise en scène…


Stanilas Nordey

Ancien élève du Conservatoire National d'Art Dramatique, Stanislas Nordey crée avec sa mère Véronique la compagnie Nordey en 1988.
Après une mise en scène remarquée de La Dispute de Marivaux, il contribue à la redécouverte de l'œuvre de Pasolini avec Bêtes de style (1991), Calderon (1993), Pylade (1994) et Porcherie (1998).
Puis il étend un répertoire qui se veut résolument poétique et politique à des œuvres de Karge, Guibert, Wyspianski, Lagarce, Schwab et Gabily. Après avoir dirigé le Théâtre Gérard Philipe
de Saint-Denis de 1998 à 2001, il est aujourd'hui responsable pédagogique de l'École du Théâtre National de Bretagne à Rennes.

 

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