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La Reine écartelée
d'après Amy Robsart de Victor Hugo
Christian SIMEON

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Jean MACQUERON
   Compagnie Macqueron-Djaoui
Avec : Frédéric Aspisi, Stéphane Auvray-Nauroy, Christophe Garcia, Nathalie Savary, Françoise Vallon
Assistant : Julien Kosellek
Costumes : La Comédie Française
Lumière : Jean Macqueron
régie : Boris Molinie, Ghislain Salembien, François Marsollier

Planning :
 

Théâtre du Balcon
38, rue Guillaume Puy   Avignon
Bus: 1-3-4-5-6-8-12-30
  du 06/07/2001 au 28/07/2001 à 12:15
tarif adulte : 90  réduit : 65
   
Étoile du nord ( Paris )   du 01/06/2001 au 24/06/2001
Théâtre du Balcon ( Avignon )   du 06/07/2001 au 28/07/2001



A quelques heures d'intervalle, Elisabeth Tudor, fille d'Henri VIII, reine d'Angleterre et le vieil Hugh Robsart franchissent le seuil de Kenilworth, le château de Robert Dudley, comte de Leicester. Elisabeth, la « reine vierge », qui gouverne l'Angleterre depuis vingt ans vient avouer au comte de Leicester la passion qui la dévore et lui offrir le trône d'Angleterre. Sir Hugh Robsart, un modeste hobereau de Lidcote-Hall, est à la recherche de sa fille, Amy, qu'il pense avoir été enlevée et séduite par Richard Varney, l'écuyer du comte de Leicester. Mais Amy Robsart n'a pas été enlevée et Robert de Leicester ne peut épouser la reine  : Amy et Robert se sont secrètement mariés sans l'autorisation royale. Et, sans se rendre compte des forces qu'ils ont mises en mouvement, ils se sont réfugiés à Kenilworth. La rencontre de la souveraine et du vieux chevalier déclenchera le drame que les historiens, aujourd'hui encore, considèrent comme un mystère.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Tout commence sous un grand voile qui déjà révèle le cadre dans lequel vont se dérouler les tensions de la pièce. De vastes rires qui annoncent, involontairement presque, comme s'ils s'échappaient d'eux-mêmes, les malheurs à venir.
Ce qui m'a particulièrement frappé, c'est la légèreté avec laquelle je pus rire de tout - du pire surtout. Le désir qui unit Amy Robsart et Robert Dudley est le point d'achoppement du conflit. La passion qui déborde d'Amy, qui fait d'elle une femme - ou «un monstre» - est le lieu de la déréliction des personnages avant tout situés au point de rupture d'avec eux-mêmes. Et pourtant, je ris. Car l'atmosphère est parfois tellement étouffante qu'il faut expurger toute l'horreur que font naître en moi les circonvolutions de la violence, de l'envie, du désir brutal. Violence, le pouvoir de la reine Elisabeth Tudor, cette vierge aussi froide que les braises de la jalousie et de la frustration ; envie du valet Richard Varney, qui brûle d'un amour morbide pour Amy Robsart ; désir brutal de Robert Dudley, partagé entre la séduction du pouvoir et son désir, au final écœurant, envers une femme qu'il ne respecte pas. Toute ses contradictions, qui me révélaient la plupart des faiblesses qui circonscrivent l'être humain, se concentraient comme le cœur d'un tourbillon malsain, à la limite de la honte. Une honte qui n'ose pas se révéler facilement au grand jour mais qui, sournoisement, louvoie au plus profond de l'âme.
Alors le texte. Extravagant, outrancier, si cru qu'il conforte mon mal-être, lequel ne s'oublie que dans la mise en scène, si naturellement superflue ; ce qui, à mon sens, est un compliment. Elle me montrait des personnages déchirés, non pas dans leurs rapports avec les autres acteurs du drame, mais bien plutôt au plus sombre d'eux-mêmes. Et se dresse alors soudainement le grand miroir de la scène, celui qui provoque les plus denses émotions. Dans leur maigre grandeur, tous, accourant, éructant, pleurant, riant, ou encore fomentant, dévoilent ce qui mène leur perte : l'excès d'exister. Cette fébrilité m'est apparue dans les moments de relâchement ou s'insère le rire dans la simplicité des réactions et des gestes, qui imitent le quotidien. Trop humains, voilà peut-être ce qui m'a dérangé et attiré dans cette pièce. Alors les personnages descendent de leur piédestal scénique. Richard Varney, d'abord, qui définitivement m'a paru le plus humain et ce malgré la perversion de son esprit tortueux - ou plutôt torturé par l'amour. Amy Robsart également qui racontait l'absence de soi lorsque la passion éteint toute raison dans l'être. La Reine, toute à son humeur, à son écoute, à son désir et finalement plus que jamais seule et triste. Sir Hugh Robsart, incarnation de la misère humaine, totalement pascalien, sans doute le plus abattu des personnages parce que livré à l'incompréhension, à l'ignorance ; et pourtant c'est lui qui me fis rire le plus. Cette pièce m'interpelle. Est-ce Amy, ce «monstre», ou est-ce moi ? Et j'ai peur de me demander de qui je me moque le plus...

  Antoine  Broussy   

 

InvitÈs

Blanc. Rouge. Noir. Le royaume du Comte Leister me dévoile peu à peu son univers rempli de tensions et de sentiments violents. Je suis sous l'emprise de cette musique haletante, métallique, essoufflée et ponctuée par des bris de verre.
Blanc. Rires frais et joviaux qui s'échappent d'un grand drap blanc recouvrant le sol, agité, où je devine des corps d'amants. La jeunesse et l'espièglerie d'Amy Robsart, jeune femme pulpeuse à la chevelure ondulée, me rassurent, m'amusent et me font presque oublier cette anxiété que je perçois subrepticement en apprenant que le Comte Leister l'a épousée en cachette. Ce bonheur éphémère et fragile, je le vois se fissurer à mesure que les personnages entrent dans Kenilworth, palais aux tentures noires et rouges. Tout d'abord, entre le fidèle serviteur du comte, Richard Varney, lisse et froid, dont la noirceur du costume va s'avérer refléter de sombres desseins. Il s'immisce dans l'intimité du jeune couple en se glissant lui aussi sous le drap. Je m'étonne de la révulsion et du rejet exprimé par Amy en voyant cet homme. Mais, très vite, tout s'éclaire : ce dernier est l'annonciateur d'une nouvelle royale : l'arrivée d'Elisabeth Tudor, fille d'Henry VIII.
Rouge. Je me sens tendue, dans l'attente de l'arrivée de cette reine vierge, réputée pour sa cruauté froide. Cette femme, écorchée par son héritage royal (sa mère ayant été condamnée et tuée par son propre père), déploie toute une violence profonde. Pourtant, malgré cette agressivité de reine vierge, elle me fait pitié. C'est une femme qui me semble enfermée dans son rôle de Reine et qui n'a ainsi pas le droit d'éprouver de la faiblesse. Elle aime le jeune Comte et, rassurée par Richard Varney qui lui fait croire à l'amour maladif que ressent le Comte pour elle, elle abaisse toutes ses défenses offrir à ce dernier son Amour et la couronne. Aussi suis-je tiraillée entre ces deux femmes, l'une jeune et amoureuse qui refuse de nier son amour envers son secret époux, l'autre, reine mais aussi femme qui a besoin d'aimer mais qui se heurte à une malformation physique (« barre »obstruant l'utérus), reflet de sa « prison » royale, celle du piédestal royal. Je suis envahie par le rire lors de la confrontation entre Amy et Richard Varney : ce dernier lui annonce qu'elle doit mentir à la reine en acceptant de dire qu'elle est son épouse et non celle du Comte, lui expliquant qu'il en va de la vie du Comte Leister. Et ce père qui cherche à sauver l'honneur de sa jeune fille Amy, quel homme amusant et attendrissant !
Noir. Le sacrifice d'Amy pour cet homme qu'elle aime tant qu'elle finit par admettre avoir menti à la reine, me perturbe et m'émeut. Long et émouvant cri du cœur de la jeune femme, la corde au cou. Le pouvoir a vaincu. La dignité de la reine est sauve. Et moi, je reste là, sans voix, comme face à un funeste destin contre lequel lutter n'était pas possible.

  Carine  Gomez   

 

InvitÈs

Dudley s'habille, au premier plan, il est nu comme un ver, vient de sortir des draps qui les abritaient, lui et sa femme cachée. La pièce commence à peine. Ils étaient plus beaux cachés, ces deux amoureux just married, point n'était besoin de révéler ce que tous avaient déjà vu et ce sexe montré est de trop entre moi et ce qui va se jouer.
Dudley est donc marié, la reine Elisabeth est pourtant amoureuse de cet hirsute barbu et elle risque d'être très contrariée si elle l'apprend. Le parti est donc pris de lui cacher ce mariage. La femme de Dudley passera pour celle du serviteur de son mari, comme le père de la mariée est persuadé qu'il en est ainsi. Apparition du père. Il (dé)clame, haut et fort, son honneur meurtri, l'injustice fait à son sang, sa fille est une putain qui a sali sa réputation par cette mésalliance...Elisabeth anoblie aussitôt le serviteur, l'honneur est sauf et le nouveau chevalier, secrètement amoureux de la femme de son maître, est bien heureux de ce stratagème qui le rend virtuellement propriétaire de celle qu'il aime... Sacrée Elisabeth, elle est bien contente et pourtant elle ne porte pas l'humour sur sa figure, ni dans sa voix qu'elle ne contrôle pas tellement car les sons qui en sortent sont tout, sauf doux.Ca y est, j'y suis, ces cris me rappellent la musique techno qui entrecoupe les actes : dans le noir, elle retentit, fait tressaillir mes tympans, un jet de lumière seul éclaire un personnage resté sur scène qui mime le monologue. Au milieu de ce déchaînement d'intrigues, la scène est presque vide. Deux grands rideaux rouge sang l'habillent, seuls, ils tombent et sont déplacés d'un acte à l'autre.
Ca cri beaucoup, souvent crûment, et j'en suis ressorti fatigué.

  Frédéric  Bourg   

 

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

Amy Robsart, le personnage historique

Elisabeth est couronnée reine d'Angleterre le 15 janvier 1559 à Westminster. Elle a vingt-cinq ans. Au printemps suivant commencent à courir des rumeurs sur son amour pour Lord Robert Dudley, fils cadet du duc de Northumberland. Tout les rapproche. Elle a connu Robert lorsqu'elle était enfant. Ils ont à peu près le même âge. Elle lui donne la charge de "Master of the Horse", c'est à dire, Grand Ecuyer de la cour. Robert est un superbe athlète, champion de tournois, magnifique danseur. Il brille dans cette jeune cour élégante. Mais Robert est marié. Très jeune il a épousé la fille d'un gentilhomme du comté de Norfolk, Amy Robsart, qui pour une raison mal connue vit loin de lui et ne lui a jamais donné d'enfant.

Amy n'a pas pris le titre de Lady Dudley et n'a pas été présentée à la cour. Était-elle dépressive comme certains détails le donnent à penser, ou malade comme le bruit en courut bientôt  ? Quoi qu'il en soit, et contrairement au roman de Walter Scott, et à la pièce de Victor Hugo, son existence n'avait rien de clandestin. En septembre 1560, Amy Robsart est retrouvée morte, le cou rompu, au pied de l'escalier de son manoir de Cumnor Place, aux environs d'Oxford. L'opinion publique accuse aussitôt le mari. Les circonstances du drame sont étranges  : Amy Robsart était seule dans la demeure. Elle avait envoyé tous les serviteurs à la foire voisine. Le corps ne porte aucune trace de violence. Le capuchon qu'elle avait sur la tête n'est même pas déchiré. L'enquête judiciaire conclue à une mort par accident. Il en faut davantage pour convaincre les ennemis du favori. Walter Scott, se faisant l'écho de traditions locales, racontera dans "Kenilworth" la fin d'Amy comme un meurtre perpétré à l'insu de son mari par un serviteur trop zélé.

De nos jours on a pensé à un suicide, ce qui expliquerait le soin porté par Amy à éloigner ce jour-là tous les membres de son entourage. La mort d'Amy Robsart ouvre et referme à la fois et définitivement toute possibilité d'un mariage entre la reine et le comte de Leicester. L'opinion publique anglaise n'aurait pas accepté l'union de la souveraine avec un homme suspecté d'avoir assassiné son épouse.


une oeuvre de jeunesse

Il est vain de présenter une biographie de Victor Hugo  : un pareil monument de l'histoire de la littérature française a été visité par tous. On se contentera de donner quelques repères concernant la genèse d'Amy Robsart. En 1822 (il a vingt ans), Victor Hugo écrit à sa fiancée Adèle Foucher  : <<...Soumet (un auteur contemporain de V. H.) est venu me proposer de tirer une comédie de l'admirable roman "Kenilworth" (de Walter Scott)...Cet ouvrage pouvant rapporter plusieurs milliers de francs, j'ai accepté d'y coopérer....Si Soumet était moins occupé par sa tragédie "Clytemnestre", notre comédie, dont je fais trois actes et lui deux, pourrait être finie dans un mois et jouée dans six...>>.

Hugo voulait à cette occasion prouver aux parents de sa fiancée qu'il pouvait gagner sa vie avec la littérature, et il est amusant de noter qu'il qualifiait l'oeuvre à venir de "comédie". En fait la pièce ne sera achevée que cinq ans plus tard. Soumet était en retard et, de plus, il était mécontent de ce que Hugo lui avait communiqué. Ce dernier, déçu, passa à autre chose. En 1827, Paul Foucher, le plus jeune des beaux-frères de Hugo sortait du collège  ; il se sentait entraîné vers le théâtre et, curieusement, c'est Soumet qui lui avait parlé d'Amy Robsart <<...comme d'une oeuvre singulière qui valait la peine d'être lue...>>. Il demanda à Hugo de finir la pièce et de l'autoriser à la présenter sous son nom à lui, Paul Foucher. De cette manière, Hugo ne courait aucun risque. Le jour où il acheva Amy Robsart, le 26 juillet 1827, Hugo écrivit au directeur de l'Odéon  : << ...Je viens de recevoir de la campagne les deux derniers actes d'"Amy Robsart". Je m'empresse d'en faire part à M. Sauvage et de lui demander quel jour il pourrait en entendre la lecture...>>. Il semblerait que peu de gens furent dupes  ; en septembre 1827 le Journal des Débats désigne Victor Hugo comme l'auteur réel de Amy Robsart.

Le 23 février 1828, Amy Robsart pièce de M. Paul Foucher affronte les feux de la rampe et fut  : <<...extrêmement sifflée...>>. Tellement que dès le lendemain elle disparut de l'affiche. Le lendemain également Victor Hugo faisait passer dans les journaux la note suivante  : <<...Puisque la réussite d'Amy Robsart, début d'un jeune poète dont les succès me sont plus chers que les miens, a éprouvé une si vive opposition, je m'empresse de déclarer que je ne suis pas absolument étranger à cet ouvrage. Il y a dans ce drame quelques mots, quelques fragments de scènes qui sont de moi, et je dois dire que ce sont peut-être ces passages qui ont été sifflés...>>. En 1828, la critique ne vit dans Amy qu'enflure et surtout trivialité  : <<...Métaphores tirées de trop loin, locutions prétentieusement bouffonnes, plaquées au hasard, et clouées indistinctement dans chaque rôle.........>>. Mais lorsque la pièce fut enfin éditée, en 1889, soit cinq ans après la mort de Hugo, la critique fut unanime à en relever les mérites et à s'étonner qu'elle soit tombée à la création.



Telle qu'elle se présente cette pièce est caractéristique des oeuvres de jeunesse avec ses outrances et ses imperfections. Mais comme il s'agit de Hugo (qui est assurément un génie) elle constitue une matière première très riche pour un spectacle  ; tout est là  : la situation, les intrigues, les personnages et l'atmosphère. La pièce représentée ne sera pas l'Amy Robsart de Victor Hugo mais le fruit de la rencontre de cette oeuvre romantique avec un auteur d'aujourd'hui  : Christian Siméon. On ne fait là que suivre une tradition ancienne, un auteur s'inspirant de l'oeuvre d'un autre auteur. Hugo s'inspire de Walter Scott  ; il s'agissait d'un témoignage d'admiration, il en est de même aujourd'hui pour cette recréation de Christian Siméon.

Jean Macqueron



Lorsque Jean Macqueron m'a demandé de travailler sur Amy Robsart, j'ignorais tout de cette œuvre de jeunesse de Victor Hugo. Cette pièce, tirée d'un roman de Walter Scott, Kenilworth, est celle d'un auteur de vingt-cinq ans. Elle porte en elle tout l'appareil du théâtre romantique  : père noble, jeune fille pure, serviteur félon, pudeur, sacrifice de soi, portes dérobées, grands sentiments, etc... Les personnages d'Hugo sont des archétypes de son époque. Cette pièce comporte également des mécanismes précis, de violents conflits, d'implacables manipulations, et surtout de terrifiants antagonismes dont certains restent à l'état potentiel. J'ai envie de raconter ces affrontements, de faire parler, trahir, vociférer dans cette Angleterre élisabéthaine des personnages d'aujourd'hui. Plus de tension entre les personnages. Plus de haine. Plus de cris. Le seizième siècle ressemble au nôtre, c'est un siècle bruyant, un siècle d'une extrême violence où la vie d'un homme compte moins qu'une préséance, un siècle de langue de chair, de verdeur de mots, où l'on n'a pas peur de parler des choses du corps. J'ai l'intention de puiser dans la réalité historique mais de l'altérer, de la métamorphoser au gré du drame.
Jean Macqueron m'a donné cette envie, l'envie pour un auteur d'aujourd'hui de revisiter un auteur du siècle dernier.

Christian Siméon, février 1999



Lorsque la pièce commence, Amy va sortir de son rêve d'enfant, du conte de fée qu'elle pensait pouvoir vivre grâce à son époux. Elle est fascinée comme une petite fille par tout le décorum lié au rang de son mari, plaisir dont elle a été privée jusque là. (Le mariage étant tenu secret). On assiste à son apprentissage de la vie qui ne sera pour elle qu'une suite de désillusions. Son mari n'est plus le même  ; l'amant passionné et romantique qu'elle a connu est devenu un courtisan. La demeure seigneuriale est devenue un château en ruine. Elle vit la plupart du temps seule, coupée du monde extérieur  ; elle entend les échos des fêtes qui sont données en l'honneur de la reine. Elle ira même jusqu'à croire que son mari va la répudier et peut-être aussi la faire assassiner. Tout le monde lui a menti, à commencer peut-être par son père qui, on peut aisément l'imaginer, lui a présenté une image idéale du monde où les Robsart auraient une place éminente.
Amy possède, sans s'en rendre compte, une immense force d'attraction du fait de sa jeunesse, sa beauté et sa pureté. Varney et Leicester sont deux adultes, alors qu'Amy est plus proche de l'adolescence. Ce charme sera mis en balance avec l'ambition politique. La convoitise, la soif du pouvoir sont elles aussi de puissantes sources de passion. Leicester, devra choisir entre Amy et le trône, et Varney entre elle et l'ambition de son maître. La reine, elle, devra choisir entre Leicester et le trône. Chacun devra faire un sacrifice, quelque soit son choix.
C'est une pièce au cours de laquelle on assiste à la chute des masques. En effet, ce choix sera le révélateur de la vraie personnalité des protagonistes. Autant de conflits que la mise en scène va s'attacher à mettre en relief. Il ne convient pas dans ce spectacle d'encombrer le lieu de l'action, le terrain du conflit (les personnages eux-mêmes) par un environnement surchargé et arbitraire. Mais au contraire, comme pour une épure, d'éviter toute illustration, tout symbolisme ou autre image explicative bornant l'imagination du spectateur et de mettre les personnages en relief. Les lumières sont là pour guider l'attention du spectateur et lui suggérer un espace ainsi qu'une atmosphère. Elles ne sont jamais une tentative de reproduction de la réalité, mais l'interprétation émotionnelle d'une ambiance. Seuls les costumes donneront un repère quant au cadre du drame. Il est nécessaire en effet que la liberté d'imagination que je veux laisser aux spectateurs ait un point d'ancrage. Il ne s'agit pas de les laisser dériver et se perdre par des images trop abstraites.

Jean Macqueron - mai 1999



Christian Siméon
Élève du sculpteur Dino Quartana à l'ADAC et du professeur Jean-François Debord aux Beaux-Arts de Paris. Il enseigne la sculpture aux ateliers « Terre et Feu » à Paris, depuis 1996. A partir de 1991, ses recherches de plasticien se portent essentiellement sur le corps, l'usure et la mémoire à travers le thème de l'Afrique et la faim. En 1996, la chaîne de télévision la 5ème lui commande deux groupes de sculptures pour illustrer des textes sur Buchenwald tirés du livre de Jorge SEMPRÚN, « L'écriture ou la vie ». (Emission diffusée en novembre 1996). Depuis 1997, il travaille également sur le thème des mythes grecs et sur l'univers Pasolinien. Ses travaux font l'objet de plusieurs expositions.
Parallèlement à son travail de sculpteur, il achève en 1992 une première pièce de théâtre intitulée Hécate. Cette pièce a reçu en 1996 le deuxième prix du concours « Premières Répliques » organisé par la Scène Nationale d'Angoulême. Sa deuxième pièce, Hyènes ou le monologue de Théodore-Frédéric Benoît a été retenue dans le cadre de la manifestation «  Journées d'Auteurs » du Théâtre des Célestins de Lyon en décembre 1996. Elle a reçu l'Aide à la Création du Ministère de la Culture et de THÉCIF. Elle a été créée par le comédien Michel Fau dans une mise en scène de Jean Macqueron à L'étoile du nord à Paris en mars 1997. Elle a été reprise avec succès au Festival d'Avignon Off 1998, puis au festival d'écritures contemporaines de Lons-le-Saunier en avril 1999. Elle a été créée au Théâtre Mylos à Thessalonique (Grèce) par la compagnie Schediagramma en octobre 2000.
Elle sera reprise au Festival d'Avignon Off 2001 par la compagnie Saliéri-Pages, mise en scène Marie Pages, au Théâtre Le Ring. Sa troisième pièce, L'Androcée, pièce pour quatre comédiens s'inspire de l'univers de l'opéra.
La priapée des écrevisses, monologue pour une comédienne, est une commande de Jean Michel Ribes pour « Textes Nus », manifestation organisée par la SACD avec le concours de France Culture. Cette lecture a eu lieu au Festival d'Avignon le en juillet 1999. Elle a été dirigée par Jean-Michel RIBES et interprétée par Marilú Marin. Cette pièce est en cours de production par la compagnie Jean-Michel Ribes et doit être créée en janvier 2002 au Théâtre La Pépinière Opéra par Marilù Marini - mise en scène Jean-Michel Ribes. La reine écartelée, d'après « Amy Robsart » de Victor Hugo, une commande de Jean Macqueron, poursuit leur collaboration. Elle a été créée en novembre 1999 à L'étoile du nord, dans une mise en scène de Jean Macqueron, avec Françoise Vallon, Nathalie Savary, Christophe Garcia, Frédéric Aspisi et Stéphane Auvray-Nauroy.
Crouchinades est un court monologue pour une comédienne, une commande des éditions Crater pour la réalisation d'un ouvrage collectif intitulé « Confessions gastronomiques ». Cet ouvrage a été publié en juin 2000.
Eaux lourdes, sa dernière pièce, a reçu une bourse de Beaumarchais. Il fera l'objet d'une mise en espace dirigée par le metteur en scène Didier Long, au Studio Théâtre de la Comédie Française en juin 2001 dans le cadre de la « Carte blanche à la Fondation Beaumarchais ». En automne 2000, il est auteur en résidence à L'étoile du nord à Paris. Tsantsa, pièce pour deux comédiens, en cours d'écriture, est une nouvelle commande de Jean Macqueron pour L'étoile du nord.


Jean Macqueron
Metteur en scène, co-directeur de L'étoile du nord /Compagnie Macqueron-Djaoui, chargé de la programmation théâtre. Fondateur de la Compagnie Théâtrographe en 1976, qui devient la Compagnie des 2R en 1980. Co-fondateur du Dix-Huit Théâtre en 1979, devenu L'étoile du nord en 1997. Fusion de la Compagnie des 2R et du Théâtre Fantôme en 1984, qui devient la Compagnie Macqueron-Djaoui. Il a mis en scène La leçon de Ionesco, Le tableau de Ionesco, Les façades d'après trois pièces en un acte de Labiche, Fin de partie de Samuel Beckett, Christophe Colomb de Michel de Ghelderode, Play Strindberg de Friedrich Dürenmatt, Gaspard de Peter Handke, Le paradis sur terre de Tennessee Williams (création à Paris), Les sincères – Le legs de Marivaux, La seconde surprise de l'amour de Marivaux, Le gardien de Harold Pinter, Le jour de la limace de Richard Crane (création en France), Les quatre saisons de Arnold Wesker (création de la nouvelle version), Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard, Requiem pour une Nonne de William Faulkner, Hyènes de Christian Siméon (création), La reine écartelée de Christian Siméon (création)


Les comédiens

Frédéric Aspisi
Il suit les cours de Stéphane Auvray-Nauroy, Valérie Nègre, Michèle Harfaut, Michel Fau, Isabelle Gardien à l'Ecole Florent. Il travaille aussi avec Eric Ruf et Benoît Guibert.En 1994, il crée une association pour produire ses pièces  : Compagnie Gospel. Il assiste Stéphane Auvray-Nauroy dans sa mise en scène de Curiosité du mal d'après Alfred de Musset, et de La morsure de la chair, Pierre Lamadé dans sa mise en scène de La Valse du Hasard de Victor Haïm. Il adapte Le Livre de Job de l'ancien testament pour Deuils, un atelier du C.N.S.A.D.Il participe à plusieurs stages  : Le visage d'Orphée d'Olivier Py dirigé par l'auteur  ; Claudel, Racine  : la voix en diction  : l'alexandrin et le ïambe dirigé par Madeleine Marion  ; Le Tartuffe de Molière dirigé par Philippe Ferran  ; Mesure pour Mesure de William Shakespeare dirigé par Stéphane Braunschweig  ; Edouard II / Richard II dirigé par Cédric Gourmelon.Il participe à la lecture d'Hécate de Christian Siméon dirigé par Michel Fau.Il a écrit et mis en scène  : Histoire de prénoms, Le vase, Rien… Euh, pardon  ?, A bas le bonheur  !. Il conçoit et met en scène Le Cœur Noir .
Il joue dans La fête - Texte et m.e.s Pierre Guillois, Sept pièces en un acte et une foirade d'après Samuel Beckett - M.e.s. Sandrine Lanno, La morsure de la chair d'après des textes de chansons réalistes - Texte et m.e.s. Stéphane Auvray-Nauroy, Lucrèce Borgia de Victor Hugo - M.e.s. d'Eram Sobhani, Judith d'après L'Ancien Testament - M.e.s. Xavier Hollebecq et dans ses propres créations  : Histoire de prénoms, Rien…Euh, pardon  ?.

Stéphane Auvray-Nauroy
Après une formation à l'école d'Art Dramatique Yves Pignot, il adapte et met en scène L'homme assis dans le couloir de Marguerite Duras, La femme abandonnée d'après Honoré de Balzac. Il écrit et met en scène Divagations, Piaf-Cocteau les voix humaines, Il est trop tard, Curiosité du mal d'après des œuvres d'Alfred de Musset, La morsure de la chair.Il a mis en scène Phèdre de Racine, Le livre de la pauvreté et de la mort de Rainer-Maria Rilke. Il crée la Compagnie des Céphéides en collaboration avec Sacha Mitrofanoff. Il enseigne à l'Ecole Florent depuis 1993. IL a assisté Eric Vigner à la dramaturgie de sa mise en scène de Marion Delorme de Victor Hugo au CDDB - Lorient et au Théâtre de la Ville. Il joue dans Susn d'Herbert Achternbusch - M.e.s. Stéphane Andrieu-Dellille, Il n'y a plus d'aurore de Jean-Claude Brisville - M.e.s. Yves Pignot, Après la pluie le beau temps d'après la Comtesse de Ségur - M.e.s. Philippe Honoré, La déploration d'Eugène Durif - M.e.s. Philippe Honoré, Les imparfaits d'après Marcel Proust et André Gide - M.e.s. Philippe Honoré, La désillusion - Conception et m.e.s. Michel Fau et Frédéric Constant, Roméo et Juliette de William Shakespeare - M.e.s. Pierre Guillois, SDF-SMB-SOS - Texte et m.e.s. Géraldine Bourgue, Du haut du ciel - Texte et m.e.s. Paul-Emmanuel Dubois, La fête - Texte et m.e.s. Pierre Guillois, A bas le bonheur  ! - Texte et m.e.s. Frédéric Aspisi, Judith d'après L'Ancien Testament - M.e.s. Xavier Hollebecq, Pique-Nique au bord du Styx de Jacqueline et Jean Recoing - M.e.s. Thierry Lavat, Le cœur noir de Stéphane Auvray-Nauroy - M.e.s. Frédéric Aspisi, Troisième masque  : le visage de Jean-Michel Rabeux - M.e.s. Sandrine Lanno, Le dernier souper de Léonard de Peter Barnes - M.e.s. Fabienne Maître.

Christophe Garcia
Après une formation auprès de Françoise Merle, Jean-Pierre Sarrazac, Colin Harris, René Loyon (Ecole du Théâtre National de Chaillot), Claude Jean-Philippe, Ariane Mnouchkine, Pierre Romans, Anne Torres et Yasmina Reza, il a joué dans Le clavecin oculaire de Diderot/Castel - M.e.s. L. Wurmser, Miquette et sa mère de Flers et Cavaillet - M.e.s. F. Merle, Derrière la vitre d'après R. Merle - M.e.s. S. Gravagna, Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard - M.e.s. J.Macqueron, L'épreuve de Marivaux - M.e.s. H. Japelle, L'éducation d'un prince de Marivaux - M.e.s. Jean-Pierre Wollmer, La jeune fille, le diable et le moulin - Texte et M.e.s. Olivier Py, Roméo et Juliette de William Shakespeare - M.e.s. Pierre Guillois, Requiem pour une nonne de William Faulkner - M.e.s. Jean Macqueron
Abel / Alexina de H. Barbin et M. Foucault - M.e.s. A. Pickels, Lulu de F. Wedekind - M.e.s. Jean-Luc Lagarce, La vie est un songe de Calderon - M.e.s. E. Sanjou, La tempête de William Shakespeare - M.e.s. Jean-Luc Revol, Faust de Goethe - M.e.s. Alexander Lang, Antigone de Sophocle - M.e.s. Hubert Jappelle, Un miracle ordinaire d'Evgueni Schwartz - M.e.s. Sophie Cusset.

Nathalie Savary
Après des études à L'Ecole d'architecture et d'arts plastiques de l'université de Montréal, elle est l'élève de S. Auvray-Nauroy, M. Fau, M. Harfaut, M. Mayette, R. Mitrovitsa. Elle a participé à différents stages  : travaux autour de La Servante, dirigé par Olivier Py - Claudel-Racine  ; la voix de la diction  : le iambe, l'alexandrin de Madeleine Marion - Hugo, la subversion de l'alexandrin dirigé par Eloi Recoing - Ecriture contemporaine dirigé par Gildas Milin - Le Sexe et l'Effroi dirigé par J. M Rabeux - Théâtralité dans la chanson réaliste dirigé par S. Auvray-Nauroy Elle a joué dans Manger - Conception et m.e.s. Philippe Person, Avorter - Conception et m.e.s. Philippe Person, Médéa de Jean Vauthier - M.e.s. Sophie Lagier, 7 pièces en un acte et une foirade textes de S. Beckett - M.e.s. Sandrine Lanno, Hécate de Christian Siméon - Lecture dirigée par Michel Fau, Lucrèce Borgia de Victor Hugo - M.e.s. Eram Sabhani, A bas le bonheur - Texte et m.e.s. Frédéric Aspisi, Tout sauf aimer - Conception et m.e.s.Philippe Person, La morsure de la chair le théâtre de la chanson réaliste 1922-35 - Conception et m.e.s. S. Auvray-Nauroy, Judith d'après L'Ancien Testament - M.e.s. Xavier Hollebecq.

Françoise Vallon
Après une formation à l'ENSATT , elle a joué dans La mère confidente de Marivaux – M.e.s. Caroline Huppert, La nuit vénitienne de Musset - M.e.s. Jean-Marc Montel, Spectacle Satie avec Jean Guizerix et Wilfried Piollet, Le médecin volant de Molière - M.e.s. Christian Taguet, Le legs de Marivaux - M.e.s. Jean Macqueron, Les sincères de Marivaux - M.e.s. Jean Macqueron, De Bonaparte à Napoléon de Jacques Rosny, La seconde surprise de l'amour de Marivaux - M.e.s. Jean Macqueron, Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard - M.e.s. Jean Macqueron, Les petites femmes de Maupassant - M.e.s. Daniel Gélin, Le Tartuffe de Molière - M.e.s. Jean-Luc Jeener.

Julien Kosellek
A l'Ecole Florent, il travaille avec Elise Arpentinier, Christian Crozet, Michel Fau, Jean-Damien Barbin et Stéphane Auvray-Nauroy. Il joue dans Salomé d'Oscar Wilde - M.e.s. Céline Millat-Baumgartner, Le cœur noir - conception et mise en scène Frédéric Aspisi, Théâtres - conception et mise en scène Stéphane Auvray-Nauroy, Le livre de la pauvreté et de la mort - conception et mise en scène Stéphane Auvray-Nauroy. Il est l'assistant à la mise en scène de Xavier Hollebecq pour la pièce Judith d'après L'Ancien Testament. Il a mis en scène Mithridate de Jean Racine.

 

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