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Artaud le théâtre et la peste
chapitre 1er du théâtre et son double

Antonin ARTAUD

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Evelyne GUILLOTO
   Avec : Olivier Roy (Antonin Artaud).
Assistant : Masques et jeux de masques : Pierangelo Summa
Lumière : Georges Portelli
Durée :  1 heure(s) et 15 minute(s)

Planning :
 

Théâtre La Luna
1, rue Séverine   Avignon
Tel: 0490869628
Bus: 1-3-4-5-6-9
  du 11/07/1998 au 01/08/1998 à 23:00
Jours:
tarif adulte : 85  réduit : 60
   
Théâtre La Luna ( Avignon )   du 11/07/1998 au 01/08/1998



Pour le cinquantenaire de la mort d'Antonin Artaud, Evelyne Guilloto, Olivier Roy et Pierangelo Summa s'associent pour restituer la parole comme expérience et lieu de l'expérience. "Notre idée pétrifiée du théâtre rejoint notre idée pétrifiée d'une culture sans ombres (...) mais le vrai théâtre, parce qu'il bouge et se sert d'instruments vivants, continue à agiter des ombres où n'a cessé de trébucher la vie." A.Artaud

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Cà commence avec une narration historique que situe les faits du départ de l'épidémie de la peste au sud de la France et les ravages que la maladie produit dans les corps et l'esprit des hommes. Cest une véritable narration qui nous promène à l'intérieur de ce mystérieux virus que détruit inévitablement notre chair et notre structure psychique, tout de l'intérieur comme une peur qui nous gagne et nous dévore pour nous mener a l'horreur et a la folie.

Malgré l'intéressante histoire que nous et conte, les décors , de une décevante banalité, m'a plutôt distrait et n'as pas contribué à m'apporter plus que ce que l'acteur nous racontait. Mais l'intensité monte et tout devient transcendant au

moment ou le parallèle entre le théâtre et la peste s'établit.

Un texte que décortiquent les processus mentaux et les interactions des nécessités qui poussent l'acteur à se plonger

dans le vertige de la création et de la représentation. L'approche de l'acteur reste toujours narrative sans se propulser

dans une " excentricité " interprétative, mais ça m'a permit peut-être de mieux entendre la profondeur de ces formidables textes sur le théâtre.

  Ernesto  Toro    Bolivie

 

InvitÈs

Artaud et par là même l'acteur (seul) du "théâtre et la peste" semble se résumer par cette dernière interrogation : "Et la question qui se pose maintenant est de savoir si dans ce monde qui glisse, qui se suicide sans s'en apercevoir, il se trouvera un noyau d'hommes capables d'imposer cette notion supérieure du théâtre, qui nous rendra à tous l'équivalent naturel et magique des dogmes auxquels nous ne croyons plus."

Cette performance d'acteur (rapport à l'énergie mise en scène) m'a fait comprendre avec astuce tout ce qu'Artaud dans ce court texte, tente de modifier dans le théâtre même. La façon dont l'acteur mesurait l'espace, arpentant la scène de ses pas, gestes aussi doux ou brutaux qu'ils puissent être m'ont beaucoup touchée. Des objets, astuces, métaphores pour exprimer la relation entre la peste et le théâtre, comme mise en avant de l'homme. La vision d'autant plus sensible de l'auteur me rend la représentation poétique : "L'action du théâtre comme celle de la peste, est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu'ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie..."

Les choix multiples pour les instruments de papiers, fruits, légumes, masques me semblent propice à l'expression du corps humain : exemple de la pastèque comme image du pesteux au cerveau lésé, noircissant. J'ai été surprise par ce qui me semblait être une justesse de pas, les mécanismes de fils, astuces que j'ai trouvés à la fois tendus et mesurés.

La mise en scène m'a semblé aussi souple que le texte est violent, peut être qu'utiliser des pommes de terre lancées au sol était un bon équilibre pour inspirer une violence de texte.

Cette pièce m'a à la fois touchée par son énergie, son rythme (juste des gouttes d'eau pour ponctuer l'écoulement ) et séduite par des curiosités scéniques.

  Laurence  Chene   

 

InvitÈs

En me rendant à cette pièce, je savais qu'il s'agissait d'un texte théorisant le théatre et je me demandais comment elle pouvais passer au théatre même.

L'acteur, initialement vêtu de blanc, commence à relater différentes pestes antiques ou médiévales et, à l'aide de pastèques et de pommes de terres dans des sacs de toile de jute, nous décrit sa forme de violence. Commence alors une démonstration méthodique d'un fait qui apparaît clair pour l'auteur : plutôt qu'une maladie au sens moderne du terme, la peste est un symbole s'appliquant aux peuples. Pour résumer ce discours, de nombreuses références sont données, issue de traditions littéraires ou médicales des temps anciens où cette perception prévalait effectivement (c'était d'ailleurs vrai pour toutes les maladies et ça admet des prolongements actuels dans la psychanalyse). Mais cette maladie terrible, qui épargne ou frappe contrairement à ce que la raison -ou la morale- pourrait le laisser attendre, a des aspects spécifiques ; en particulier, elle laisse intacts les organes centraux et semble s'attaquer à ceux liés à la volonté : le cerveau et les poumons. En effet, on peut réguler son souffle ou sa pensée. Enfin, elle semble obéir à une logique particulière qui a pu être pressentie à l'avance.

C'est ici qu'apparaît le lien avec le théatre : celui ci joue en effet selon ce texte le même rôle qu'elle vis à vis du corps social. L'analogie se lit en particulier dans l'utilisation faite des légumes, et les deux sont présentés comme jouant un rôle analogue, être "absolument gratuit et sans lien avec l'actualité" (ah, tiens?) et jouer un rôle de purge. Le rapprochement est intéressant et est effectivement relié à des courants d'idées anciennes ou modernes.

Je regrette toutefois que le ton de l'acteur ait été en permanance si haut. Ainsi, il restait uniforme et légèrement fatiguant. J'ai aussi été surpris et même un peu agacé par l'impression que m'a fait son regard sur ceux qui l'applaudissaient peu, d'autant qu'une majorité de spectateurs semblait ^?béats. J'ai en particulier mal compris le détail d'un lien établi avec une histoire d'amants se terminant de manière violente et les thèmes précédents.^?^?^?^? Apparemment, elle relevait des mêmes forces magiques, s'opposant à l'inertie des dogmes, qui sont finalement invoquées.

Même si les idées énoncées et surtout les rapprochement effectués m'ont parus intéressants, elles m'ont semblé être plus imposées qu'exposées et ne me paraissaient pas recouvrir entièrement ce que j'aime dans le théatre. Il demeure toutefois que le travail gestuel, les légumes tranchés, les tranches de pastèques pressées ou broyées, les pommes de terres jetées ou l'acteur se jetant parmis elles, les balanciers fabriqués avaient une force d'expression qui étaient en harmonie avec le texte d'une manière que j'ai percue comme vraiment parlante.

  Eric  Decreux   

 

InvitÈs

Le décor est hétéroclite. Sur le côté gauche pend une sphère remplie d'eau s'égouttant sur le sol évoque le temps qui passe inéluctablement. A l'avant-centre de la scène pend une corde blanche. Un peu plus loin, sur une table basse, reposent trois pastèques auprès de laquelle sont disposés deux sacs de toile remplis. Deux bateaux, l'un en papier, l'autre en bois avec une grande voile, sont posés de part et d'autre de la scène. Au fond est posée une poupée de papier blanc.

Le comédien entre sur scène entièrement vêtu de blanc, renforce le contraste avec le fond noir du décor. Il s'assied sur un tabouret blanc et commence un réquisitoire sur la peste; des pestes, celle de Marseille de 1720, de Florence en 1502, d'Egypte. Il les compare, en vient à la conclusion que la peste est : "un fléau, matérialisation de l'intelligence." Au départ, j'ai quelques difficultés à voir où il veut en venir. Progressivement, le texte m'apporte des clefs de compréhension; la relation entre la peste et le théâtre s'établit : " La maladie est comme une entité psychique, non apportée par un virus." A la fin, ma vision s'éclaire : "Comme la peste, le théâtre est un formidable appel de force, fait pour vider collectivement des abcès moraux et sociaux." L'image est forte et me plaît.

Ce texte d'Antonin Artaud n'est pas d'un accès facile, certaines références avec St Augustin et Anabella me sont restées obscures. J'ai aimé son interprétation forte, virulente, imagée et l'utilisation des éléments du décor. Ainsi pour illustrer le mouvement des bateaux, l'acteur actionne des ficelles pour les faire avancer. Plus violent, pour évoquer les batailles, il s'empare des sacs de toile en déverse avec fureur son contenu . Les pommes de terre s'éparpillent avec fracas sur le sol. Ou encore, pour matérialiser la désagrégation du corps humain par la peste, il ouvre une pastèque en découpe des morceaux qu'il compare aux membres gangrenés. Cette image est très forte... Notamment quand il malaxe la pulpe rouge, allégorie de la chair malade, la croque à pleine dent et la rejette... L'image atteint son paroxysme lorsqu'il s'empare de la dernière pastèque et l'éclate sur le sol dans un accès de fureur. Fort heureusement, on nous avait déconseillé de nous placer au premier rang.

Cette pièce m'a fait pénétrer dans l'univers sombre d'Antonin Artaud et découvrir une vision assez noire mais somme toute assez réaliste du théâtre et de sa mission sociale : "Le théâtre, mal supérieur, exalte les énergies... fait tomber les masques, le mensonge et la bassesse. "Celle-ci s'achève sur un constat désespéré : " Y aura-t-il un noyau d'hommes, capables d'imposer cette vision supérieure du théâtre ?" sur lequel je m'interroge encore. La situation est-elle si désespérée ?

  Claire  Restiau   

 

InvitÈs

Une pièce où la réflexion et l'émotion se mêlent et s'unissent pour un mariage d'amour, d'amour du théâtre. Cette pièce est une juste comparaison du théâtre avec la peste par Antonin Artaud. L'acteur est tour à tour habillé/déshabillé, masqué/non-masqué, en pleine lumière/dans la pénombre, vociférant/silencieux, rythmant ainsi le texte de façon pertinente.

Le narrateur est omniscient , il voit tout, explique, dirige... La pièce est construite par transposition : une ville dans un sac de pommes de terre, un corps de pestiféré dans une pastèque... Nous sommes plongés dans un univers nouveau, qui ne ressemble à aucun que nous connaissons, composé de plusieurs mondes qui naissent et meurent sur la même scène, mais dont on ne pourra que se souvenir pendant longtemps. En effet c'est un spectacle que nous devons prendre avec recul et réflexion pour pouvoir le comprendre, l'apprécier pleinement. La première impression que j'ai eu, était du spectaculaire, du rythme, de la lumière, des modulations de voix... C'est en revenant sur ce qui me restait en mémoire du spectacle que j'ai compris les différents mondes qui se créaient comme symboles. Par exemple le choix d'une pastèque pour représenter un individu : la vie, sucré comme un fruit, se retrouve mutilée par la maladie. La vie de la cité, encrée dans la terre, symbolisée par un sac de pomme de terre, se retrouve déracinée, éparpillée par terre, bousculée par la violence du fléau. L'acteur est presque nu, malgré sa volonté puisqu'il porte un masque, face à la fatalité et à l'injustice de la peste qui emporte les âmes au hasard. Le décor en miniature souligne le caractère omniscient du narrateur. La mise en scène nous demande une part de réflexion et nous devons interpréter chaque geste. Nous ne sommes pas passif dans la salle mais invités à être intellectuellement actifs.

  Marie  Reverdy   

 

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