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Au Bal d'Obaldia
René de Obaldia

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Stéphanie Tesson
   Phénomène et Compagnie
Avec : Lucien Jean-Baptiste.
Musique : Frédéric Ozanne
Durée :  1 heure(s) et 0 minute(s)

Planning :
 

Chapelle du Verbe Incarné
23, rue des Lices   Avignon
Tel: 0490270960
Bus: 1-3-4-5-6-8-12-30
  du 06/07/2001 au 28/07/2001 à 14:45
tarif adulte : 90  réduit : 65
   
Les Teinturiers ( Avignon )   du 05/07/2002 au 27/07/2002



Variation théâtrale sur des textes de René de Obaldia. « Dans cette allègre sarabande de jeux de mots que met joliment en espace S. Tesson, L. Jean-Baptiste incarne à lui tout seul et en s'amusant les histoires drôles et graves de notre nouvel académicien. » Télérama. « Léger, intelligent,rythmé, ce spectacle est un parfait petit bonheur. » Fig. Mag. « Un ode à la vie, un univers cocasse dans lequel on entre comme dans une confiserie. » A Nous paris. Prix Charles Oulmont 2000 Fondation de France.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Quand le personnage est arrivé avec sa grosse valise et un gigantesque sourire radieux, ça m’a fait tellement plaisir que je trouve le spectacle superbe avant la fin; puis il ouvre sa valise et en sort un casque de guerre, un collier fait de coquillages, une gourde, une écharpe, une lampe de poche et une petite valise. Lulu est vêtu tout en blanc avec une paire de chaussures en peau de serpent, un gilet blanc avec des motifs en rouge et crème, et, pour finir le tout, d’un chapeau en paille muni d’un bandeau noir. Lulu dans ce spectacle va nous raconter plusieurs histoires.
Tout d’abord, il commence à raconter ce que son père lui disait à table, comment sa mère écoutait le son de la mer dans son bol de soupe, et son histoire quand il était à la guerre: il est sous l’eau avec tous ses camarades et il va mettre une bombe. À droite il y a les Nababs, à gauche il y a les Nabis. Tout à coup il s’aperçoit que les Nabaus sont en train de venir vers eux, il appuie sur la manette et la bombe explose, il se retrouve sur le toit d’un menuisier à quelques kilomètres de l’explosion. J’ai aimé son expression qui m’a fait rire. Tout le monde est mort.
L’histoire change. Lulu enlève sa veste et en fait un personnage, une jeune fille, il lui dit: «Allonge-toi sous l’arbre.» Elle parle à sa mère: «Maintenant je ne suis plus une petite fille, je peux faire ce que je veux.» Elle enlève son corsage, elle est nue, elle se serre contre Lulu. Il lui fait des bisous, il est tout essoufflé. Je n’aurais pas aimé être à la place de la fille car je n’aimerais pas qu’on me souffle sur la figure.
L’histoire change à nouveau. Une femme, un cintre avec une robe et un foulard: c’est une vieille dame qui était actrice quand elle était jeune. Elle se regarde dans un ancien film, elle dit: «Ce que j’aimerais bien redevenir comme elle, avoir un beau visage, des cheveux fins et un beau corps!» Elle va vers la télé et lui dit: «Est-ce que je peux entrer dans la télé pour redevenir comme avant?» L’autre est justement dans une scène où elle répond: «Non.» La vieille prend un tabouret et casse la télé en mille morceaux. C’est comique de voir une femme qui casse sa télé parce qu’elle ne peut pas redevenir jeune et belle.
J’ai trouvé que c’était très marrant, je me suis rendu compte qu’il faisait énormément de jeux de mots très drôles.
L’histoire change. Lulu est torse nu, il est dans un village d’Afrique, il danse avec le collier en coquillages, avec une bougie à la main.
L’histoire change. À la fin, tout le monde applaudit, il se rhabillle, il fait des jeux de mots et des gestes marrants. Il s’en va avec sa grosse valise, il revient sans sa valise et nous dit merci.

  Cyprien  Faini    13 ans

 

InvitÈs

Cet homme dit la vérité. Rien que la vérité. Toute la vérité. Cet homme prévient le monde que si le monde continue à décimer les peuples, il n'y aura plus rien. Même plus la mémoire du rien. Mais il ne prévient pas n'importe comment. L'avertissement est lourd, tellement lourd, un océan de sang avant le rien. Des siècles de barbarie. Et celà sera terrible. Pour son peuple, pour son continent mais pour tous les continents. Et il a raison. Ce sera ainsi sauf si le processus de l'engendrement de la guerre et de la haine et de tous les types de rapports de force cessent ici et maintenant immédiatement partout. Est-ce bien clair ? Que faut-il ajouter pour que l'humain comprenne ? Tout a été dit. Lui il répète cette vérité. Donc il ne mâche pas ses mots. Comme je l'aime cet homme capable de porter sa parole sans porter le masque de la peur.
Mais revenons-en à nos moutons : sujet : la guerre est la fin de l'humanité. Développement : il me montre les soldats, ses frères qui s'entretuent parce que devenus entretemps l'enjeu d'un jeu monstrueux ils ont trempé leur mains dans le sang. Il me montre le ventre des veuves sur lesquels il pose sa tête et son désespoir, l'enfant noir qui crie famine, le journal télévisé, la météo, la vieille dame qui entre dans une téloche à la recherche de "feu l'actrice et tous les rôles dont elle s'est imprégnée sa vie durant", Hollywood , les States, l'Afrique du Sud, l'appartheid, les contrastes, le noir du théâtre, le blanc de son costume, le noir-blanc, le blanc-noir, Chocolat qui rit, Chocolat qui pleure, qui se fout de lui-même pour arriver avant les autres et avoir la réplique. Parce qu'il est prêt à les recevoir les autres. D'ailleurs il les invite. Et ils viennent. Et ils savent. Et ils rient et ils ne pourront pas dire que ce soir là ils n'ont pas été averti. Et ils verront l'Afrique s'exprimer ici et ils réfléchiront à deux fois avant de réserver pour le prochain safari ou avant de se donner le droit de s'emparer d'un territoire. L'effet boomerang est en train de se produire. Il faut se libérer du mal. De tous les maux. C'est difficile. Et heureusement qu'il existe des hommes et des femmes de parole. Heureusement qu'il y a ce talent qui transforme la colère légitime en oracle.
Car cet homme empli du dégoût de l'injustice, de la souffrance qu'elle engendre, cet homme injustement mené au dégoût de la vie, de sa vie, de lui-même a pris le parti de ne pas tomber. Et il donne ainsi au monde entier
son refus de participer à la haine et sa volonté irrépressible de tout reconstruire. Moi c'est pareil mais il y a une petite nuance à ne pas négliger et qui s'inscrit au programme des festivités : toute menace de bonheur engendrera le bonheur. L'humour est de la partie. Ca suffit pour qu'on rigole ensemble non ?

  Red  Hauptman   

 

InvitÈs

Avignon, rue des Teinturiers. J'attends devant le théâtre de la Teinturerie.
Thierry Samitier vient de passer. Il m'a remis un tract. (“Attention, c'est de l’imprimerie: c'est perpendiculaire, là-haut”, il m'a dit, en me montrant les deux coins supérieurs du papier.)C'est Avignon...
Ça y est, nous sommes assis dans une petite salle basse. Devant moi une autre salle, comme une annexe à la nôtre, petite, plus petite.
Une table. Une simple table. Petite. Les accessoires? Ils sortent d'une valise, d'une grande valise, qu'apporte devant nous un grand, un très grand diable blanc, tout chocolat.
"Chocolat, chocolat."
Pas "Poivre de Cayenne". Non, plutôt vanille, épices des îles.
La moiteur de l'Afrique aussi.
"Tam-tam et balafon."
Il dit, il chante, il mélodie, il exubère.
Peu à peu au récit s’enlace la poésie. Le diseur intarissable semble la transpirer. Grand mouchoir blanc. Sourire. Grand sourire. La poésie, oui. J'aurais dû m'en douter si j'avais vu dans le titre autre chose qu'un simple jeu de mots. Je me le redis: "Au bal d'Obaldia". Ce ne sont plus les mots mais les sons qui jouent dans mon oreille, jeu réjoui qui ouvre le champ à la danse des mots. Mais aussi une fête où passent des personnages qui me touchent.
Je n'ai jamais combattu en une quelconque Indochine, ni les Nababs (à droite), ni les Nabis (à gauche), je ne sors pas de Fleury-Mérogis, je ne suis pas une actrice boulevard du Crépuscule, ni la jeune fille aux amours naissantes, ébahies, dans le soleil qui tombe en morceaux sous la ramure (je n'ose mettre les guillemets: ma mémoire est-elle sûre?). Mais je me reconnais dans cette humanité. Je vibre par elle. Ou plutôt par les mots dits, caressés, chantés, jubilés par le diseur infatigable à la voix de cannelle. Infatigable.
“Laissez-moi reposer sur le ventre des veuves.”
Découverte ravie.
Je me suis retrouvé rue des Teinturiers. J'ai couru acheter les "Innocentines". Trouvées chez un bouquiniste d'Avignon.
"Attention, c'est de l'imprimerie: c'est perpendiculaire, là-haut."
Imprimé, René de Obaldia. Redécouvert.
Imprimé, Jean-Baptiste Lucien. Découvert.
Porte ouverte.

  Dominique  Lemarchand   

 

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