Accueil - Qui sommes nous ? - Les spectacles à l'affiche - S'inscrire - Espace inscrits - Regards vers l'extérieur
Passion Théâtre sur Internet      Fiche Spectacle
InvitÈs Témoignage des invités Artistes Réponse des artistes
Professionnels Critique des professionnels   Dossier de presse Dossier de presse

Au bord de la vie
Xingjian -- Gao

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Alain TIMAR
   Compagnie : Cie Alain Timar
Avec : E. Istria (la femme), P. Goudard (l'homme), K. Flavigny (la jeune fille danseuse), M. Delclos (manipulatrice-marionnettiste).
Adaptation de : Editions Lansman)
Musique : Barre Philipps
Costumes : Pascale Richy
Lumière : Valérie Foury, Stanislas Pierre
Durée :  1 heure(s) et 30 minute(s)

Planning :
 

Théâtre des Halles
Rue du Roi René   Avignon
Tel: 0490855257
Bus: 1-3-4-5-6-9
  du 06/07/2001 au 28/07/2001 à 17:00
; Relâches : 14 22 Juillet ;
tarif adulte : 110  réduit : 80
   
Scène Nationale de Bayonne ( Bayonne )   le 14/03/2002
Théâtre de la Tempête (Cartoucherie) ( Paris )   du 02/05/2002 au 19/05/2002



Une femme ne peut plus souffrir l'homme avec qui elle vit. Elle égrène un chapelet de souvenirs et plonge dans une folie destructrice… Sa quête d'identité la porte aux sources mêmes du mal dont elle veut se libérer. L'histoire commence par une rupture : l'usure du temps a révélé la grossièreté de la vie quotidienne, la vanité des sentiments, l'imposture des situations. Cette femme mène une enquête minutieuse sur sa vie et, pour parfaire son examen, parle d'elle-même à la troisième personne… Relecture incertaine du passé sans doute ; pure invention peut-être… mais la vérité n'est pas son propos.
La mise en scène et la scénographie, autour de ce monologue tourmenté mais non dénué d'humour, construisent un chœur polyphonique. La femme a la parole, mais à ses côtés une danseuse, un clown et un manipulateur-démiurge mettent en perspective, chacun avec son art, la relativité des mots.
Alain Timar

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Elle…
Ne comprend pas comment cela a pu se produire : en une nuit tout s’est mis à basculer autour d’elle. Les évidences qu’elle s’était fait attention de ne pas mettre en question auparavant. Ne veut plus de ses colliers, de ses richesses, de ses amies décadentes, de son mari factice; elle ne veut plus d’elle-même, toute aussi inexistante sous ses parures éphémères. Elle est lasse. Qu’a-t-elle pu faire pour devenir ce qu’elle est maintenant, d’être plongée dans cette incertitude encombrante. Une recherche des profondeurs les plus noires de cette fille aux ciseaux prête à se faire du mal pour sentir la vie ? Cette femme adultère giflée par la lumière accusatrice, toutefois c’est elle, l’accusatrice: un interrogatoire, un cri, elle, dans une nuit, a vécu la métamorphose envers un gris sur blanc désordonné et enfermé sur la toile.

  Mieke  Praet   

 

InvitÈs

La femme apparaît d'abord comme récitante. Droite et immobile, elle dit le texte, dans son cadre à gauche de la scène. Elle jouera par la suite, mais me fera alors l'impression d'être d'une part récitante, de l'autre mime. Séparément. Elle seule parlera durant la pièce. Elle dit "elle". Parfois elle joue le rôle de cette femme dont elle parle, parfois non. Les autres aussi ont des rôles fluctuants et symboliques. L'homme, le mari, est son propre marionnettiste grâce à un système de poulie et un cintre dans sa veste. Cela donne lieu à des scènes très parlantes: "l'homme sous sa veste", perdu dedans, infantile est devenu trop lourd pour sa femme avec ses pitreries. Il est maquillé comme un clown ou un mime, et m'en fait l'effet avec ses gestes lents et ses expressions amplifiées. Cela me rappelle Magritte , la jeune femme bleue aussi, quand elle prend le parapluie qui tombe du ciel et joue avec. Peut-être parce que ces images sont lissées, faussement enfantines, parce que les personnages ne se touchent pas.
Plusieurs choses me restent comme des trouvailles, de celles qu'on n'avait peut-être jamais vues mais qui semblent évidentes - comme quand chez Peter Brook les comédiens prennent un cintre pour téléphoner, ou deux bouteilles d'eau pour faire des jumelles - l'homme à la poulie, le barbouillage d'une silhouette, sur une toile, avec de l'eau. Comme ce corps sous un drap qui semble écartelé, désaxé, réarrangé à cause des membres d'un autre corps qui s'y mêlent, au début la femme semble juste trop souple... Ce sentiment de corps étranger, inquiétant, au réveil, est transmis avec force et fait naître en moi l'image d'une femme araignée qui marcherait avec quatre jambes empruntées...
Des objets viennent tous du plafond par des ficelles, pas un n'est posé au sol: à la fin du spectacle, cela me semble tout naturel, on vit dans un monde où les gens ne se touchent pas, ne parlent pas, et reçoivent les choses du ciel, à hauteur de leur main. En un mot, ce qui se passe sur scène est beau comme une chorégraphie.
De l'autre côté, il y a le texte: juste et émouvant. Il convoque en moi beaucoup de vieilles images de petite fille. Une enfant se coupe, fait couler son propre sang. Elle voudrait que la vue du sang pousse sa mère à abdiquer toutes ses exigences, ses rancunes, à la consoler. Ce n'est pas le cas, et l'enfant se fait disputer. Un traumatisme bénin, petit, insignifiant, mais rendu énorme par l'immense importance de la mère pour une petite fille qui la désire tant. Des mots, des gestes, un collier, les amants de sa mère, amplifiés par sa perception de petite fille d'alors, si bien qu'ils la minent encore et qu'elle revient à eux et les interroge quand le quotidien et le mari ne sont tout à coup plus supportables.
C'est un texte écrit par un homme qui dit très bien la femme et la mère, sans qu'il soit, je crois, nécessaire de prendre en compte la place de la Chine pour l'auteur...
Le texte et les images m'ont plu et m'ont parlé, mais j'ai eu un peu la même impression que devant un documentaire animalier, voire le JT où les images et les mots ne se rejoignent que de temps en temps. Les uns distraient des autres. Parfois les mots commentent les images, parfois les images illustrent les mots, mais le plus souvent ils sont indépendants. Ils n' interagissent jamais vraiment. Les mots prononcés semblent ne jamais avoir d'effet sur les images qui vont suivre. Je me suis cependant sentie bien, emmenée, bercée par ce spectacle.

  Clémence  Knaebel   

 

InvitÈs

"Au bord de la vie" : j'en ai compris le sens ( un des sens ?) au cours de la pièce, en voyant une femme sombrer en elle-même à la suite du choc de la rupture avec son compagnon de longues années. Elle m'a beaucoup émue par sa présence fragile et forte à la fois. Fragilisée par le drame en cours et forte de ce parcours de vie qu'elle a décortiqué devant moi, m'emmenant avec elle dans les recoins de sa mémoire, instants de vie resurgis au gré des émotions suscitées par cette rupture. J'ai reconnu ces moments où tout ce qui auparavant était beau et aimé chez l'autre, devient insupportable, banal, quotidien, voire vulgaire.
L'homme - clown m'a aussi touchée et fait rire, c'était un personnage homme-marionnette à tête de clown, une bizarre chose ! Je l'ai ressenti en tant que comique car il m'a fait rire, mais son décalage avec la femme me le donnait pour tragique aussi. Il jouait à un moment avec des souris en carton et ce comportement enfantin était comique malgré l'état de souffrance qui agitait la femme à côté. Il était habillé en habits gris trop grands pour lui et avait une tête à mimiques clownesques, articulé par des cordage manipulés de l'extérieur de la scène. Il ne parlait pas mais intervenait en tant que représentant du compagnon de la femme. Mais c'était un être humain réel qui jouait.Il continuait à vivre comme il avait dû le faire toute sa vie, se voulant drôle, ce qui rendait encore plus criant le décalage avec le vécu intérieur de la femme.
J'ai ressenti moi-même ce décalage dans de nombreuses situations de vie, lorsque ce que je ressens ne colle plus à ce que fut la relation à l'autre ni à ce qu'il pense encore être (ou ce que je pense encore être !). Drôle ou à pleurer ? J'ai balancé entre les deux, la femme étant plutôt triste, et l'homme plutôt comique, mais avec cette totale inadéquation aux sentiments de sa compagne ... J'ai apprécié que soit aussi montrée son ambivalence, qui lui fait accepter l'idée d'une amante pour son compagnon, mais à condition que ce soit à court terme !
J'ai été surprise par tout ce que cette rupture entraîne comme retour sur soi pour cette femme, comme si elle n'avait pas réfléchi sa vie avant. Elle essayait de comprendre comment elle en était arrivée là et j'ai aimé qu'elle dise les moments où elle avait été dupée, prise dans des enjeux qu'elle ne maîtrisait pas (avec sa mère, avec la femme médecin). Cette femme habillée couleur rose-saumon m'a captée et entraînée dans sa douleur, dans ce qu'elle a fait resurgir de bribes de mon propre passé. Ses interrogations aussi me parlaient : Etait-elle restée l'ombre d'elle-même, au bord de sa vie ? Elle m'a interrogée sur qu'est-ce que vivre vraiment en essayant de savoir ce qu'elle aurait aimé faire qui lui aurait permis de ne pas être une ombre, ce fantôme en papier qui est découpé dans une toile lors d'une scène. Est-on toujours plus ou moins cette ombre lorsque l'on vit longtemps avec une personne ? J'ai aimé l'aspect poétique des peintures de pleurs à la fin de la pièce. J'ai apprécié ce geste de l'homme qui peint le corps de sa compagne en eau, silhouette qui s'évapore et qui devient floue, peut-être dans la liberté retrouvée après ce passage au bord de la vie ?

  Fabienne  Dumont   

 

InvitÈs

Pas de rideau. La scène s'éclaire tout doucement sur une musique aux résonnances d'ailleurs, d'Asie. Là, comme prise à un piège dont elle ne cherche pas encore à se débattre, comme dans un cadre dans lequel elle accepte encore de limiter son horizon, une silhouette de femme se dessine, découpée dans un halo de lumière. Sans mot dire, dans un silence d'église pesant, elle, cette femme sans nom, sort enfin du cadre, celui sans doute trop étroit, trop rigide de celui de sa vie, et se met à nous raconter son histoire. Celle d'une femme qui décide de quitter son mari qu'elle ne supporte plus. Banal. L'érosion au fil du temps d'un couple où Madame s'ennuie tandis que Monsieur sort, la délaisse, la trompe. Bref, elle en a assez, et pourtant il suffirait de si peu, que son regard à lui se porte sur elle comme au début, ce regard mêlé de désir et d'amour pour qu'elle renonce. Mais non, cet homme-clown tiré par des fils comme une vulgaire marionnette n'est plus que l'ombre de lui-même, l'ombre de celui qu'elle a aimé. Cette séparation donne lieu à une aventure intérieure, une introspection dans laquelle la femme se plonge et se livre sans retenue. Retour sur les souvenirs dans les méandres d'une mémoire parfois douloureuse où les souvenirs d'enfance se mêlent à la vanité des sentiments, se teintent de colère, de joies, de tristesses déjà. Autour d'elle en proie à ses vérités si longtemps étouffées, enfouies, qui éclatent au grand jour de son coeur, évolue l'homme-marionnette, clown tantôt triste ou tantôt drôle. Une femme-danseuse aussi vient rôder autour d'elle, âme fantasmagorique qui la hante ou qui l'instant d'après devient le miroir insoutenable d'une femme au bord de sa vie...
Et là comme elle, je ressens ce vertige. Ce vertige comme un appel de la résurrection si douloureuse, comme à chaque naissance. Car oui, il s'agit bien de la naissance d'un être qui nous est donnée à voir derrière ce monologue de plus d'une heure servi par ces mots si somptueux, qui sonnent si justes à mon oreille et qui parlent à tout mon être.

  Anne-Marie  Baptista   

 

Accueil - Qui sommes nous ? - Les spectacles à l'affiche - S'inscrire - Espace inscrits - Regards vers l'extérieur