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L'Apprentissage
Jean-Luc LAGARCE

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Michel Alban
   Compagnie : Théâtre des 7 lieues-Cie Michel Alban
Avec : Denis Sanglard
Assistant : Génestia Giachino
Décor : Antoine Malaquias
Lumière : Patrick Grinon

Durée :  1 heure(s) et 0 minute(s)

Planning :
 

Théâtre La Luna
1, rue Séverine   Avignon
Tel: 0490869628
Bus: 1-3-4-5-6-9
  du 06/07/2001 au 28/07/2001 à 17:00
tarif adulte : 70  réduit : 50
   
Théâtre La Luna ( Avignon )   du 05/07/2002 au 27/07/2002



Un texte inédit de Jean-Luc Lagarce  : un homme renaît à la vie. Des mots qui sonnent comme un cri d'espoir. « La sobriété de la mise en scène est au diapason du cas ainsi exposé. Le contraste en est d'autant plus cruel. » Libération. « C'est bouleversant de vérité. » Marianne. « Sans complaisance, mais avec pudeur. » L'Evénement. « Parfois tragique, souvent drôle, toujours convaincant. » L'Avant scène. « A l'évidence il faut y aller. » France Culture. Edition les Solitaires Intempestifs.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Corps sans fin, sous un drap blanc cassé. Claire, lente, simple : sa voix. Des mots de la présence (je me dis, je pense...) qui scandent des paroles qui se répètent ; pas de celles qui vous assaillent, vous harcèlent, pas de celles qui sont martelées et vous poussent à la rébellion contre elles, non des paroles qui, un temps , vous tiennent à distance, vous protègent du fait de leur répétition et qui soudain, chacun à son moment, vous submergent. Un peu la langue de Thomas Bernhard. Lui était malade de l'Autriche, Jean-Luc Lagarce du sida. Tellement de raisons d'être malade. Et lui, sur scène, dans sa maigreur, dans sa douleur pudique, avec son dérisoire soupçon de bourrelet au ras de la ceinture élastique de son pantalon blanc de l'Assistance Publique, calme et effrayé, c'est mon messager et j'écoute mal ce qu'il dit, je n'entends que mon désarroi face aux plaies du monde, puis, sa langue si vraie m'autorisant à ne penser qu'à ma peau, j'entends mon refus d'être malade, ma gigantesque énergie à fuir cet apprentissage-là.

  Cristine  Genevois   

 

InvitÈs

La scène est couverte d'un énorme drap blanc, un corps y est allongé, recouvert de tissus; des lignes, de plis. Des mots surgissent, d'une simplicité qui m'étonne, ils se répètent et se répètent et deviennent obsédants, obsédants de simplicité comme ce retour à la vie que vit le personnage immobile et confronté aux préoccupations banales de vivre: ouvrir les yeux, respirer. Tout devient recentré sur l'essentiel.
Puis le personnage, au fil de sa guérison bouge et petit à petit se lève. Il a des gestes de malade. Il se meut avec peine. Je ne vois plus ni l'hôpital, ni les couloirs, je me retrouve dans mon siège de spectateur, observant un acteur exécuter le rôle d'un malade, la magie est rompue. Je suis devenu voyeur. Parfois je me suis même surpris à fermer les yeux pour continuer à goûter la simplicité et la force de vie des mots.

  Jacques  Morard   

 

InvitÈs

Une boulette de mercure dans un corps amaigri, des veines rouillées. Allongé sur la scène, le personnage se réveille d'une trop longue mort et conjugue le présent comme le passé. Perdu, les pensées sont vides... La chambre n'était pas là avant, quand avant ? Monsieur A. vient lui rendre visite, mais qui est-il, et pourquoi parle-t-on de lui à la troisième personne? Les rêves ne peuvent représenter le temps, le réveil non plus. Lente renaissance d'un homme à la vie -non pas douce alchimie d'une chrysalide, mais dure réalité d'un hôpital aseptisé. Pourquoi lui crie-t-on dans les oreilles, comme on le ferait à un idiot ou à un vieux, qui aurait vieilli peut-être même sans le savoir ? "On ne s'aimera plus, on dansera et je ne serais plus là". Mais bientôt le verbe se fait chair et "on" commence même à marcher. Sortir pour quel avenir, on s'en fout, la vie a repris ses droits.
Si j'ai trouvé parfois le temps long, peut-être n'avais-je pas envie de souffrir ou d'attendre -anonyme comme un sac dans un service de rééducation ? Dérangé parfois aussi de trop de réalisme, confiné à un rôle de visiteur. "Le spectacle se termine, les visites sont finies". Mais la réalité est-elle différente?

  Yves  Gaudin   

 

InvitÈs

Un drap blanc. Une forme. Un crâne. Silence. Lorsque le crâne se met à parler, le silence devient encore plus dense. Mon cerveau va à toute vitesse. Où cela se passe-t-il? Où l'homme se trouve-t-il ?Que lui est-il arrivé?
Parce que l'homme prend des temps, que son discours s'interrompt-installant des silences entre chaque bloc de texte-, j'ai le temps de réfléchir et de rentrer dans une situation extrême:situation de cet homme qu'il nous raconte,qu'il nous transmet dans une extrême simplicité. Je suis peu à peu bouleversée- à la fin, à l'extrême-par le récit de cet homme qui revient à la vie, qui revient de la mort et lentement, péniblement, doucement, va grandir et se relever.Ce récit sobre et austère, formulé avec des mots très simples et dans une langue facile à comprendre et à faire sienne est un moment de grâce.Je ne pourrai jamais plus rentrer dans un hôpital sans y penser.

  Anne-lise  Kedves   

 

InvitÈs

Voiles blancs, plafond, murs, sol blancs, le spectacle commence sur un monologue monocorde . Au milieu de la salle je pense entendre un magnétophone; j'attends l'entrée des acteurs .... et, rien. Au bout d'un moment je me soulève de mon siège et m'aperçois qu'il est sur scène, couché sous un drap blanc, le visage tourné vers le fond de la scène.Monologue, monocorde, pas de couleur, pas de mouvement, pas d'histoire. Le personnage sort du coma. Il retrace son retour à la vie . Petit à petit, je souffrais de l'état d'immobilité forcée dans une pièce isolée de l'hôpital. Même si petit à petit son corps se réveille avant l'esprit bien avant la conscience, l'écoute et la compréhension, une parole d' automate décrit le réveil de ses muscles.
"L' apprentissage" du retour à la vie prend forme .
La force du personnage le sort du coma par une concentration sur ses fonctions vitales . Petit à petit, il prend conscience au travers de l'action des autres de son état de chose jusqu'au jour où il sera autorisé à rejoindre l'extérieur. Lentement il se soulève et tente les mouvements élémentaires.Enfin on aperçoit une présence sur scène. Est-ce la chaleur de la salle ou l'atmosphère hospitalier pesant, étouffant qui me dépasse, je peine à respirer et soudain je suis mal à l'aise.
Je m'attendais à participer et échanger avec un personnage en quête d'évolution. Là, en fait, le personnage s'est reconstruit seul ,sans regard vers les spectateurs avant les dernières scènes . Je suis sortie comme libérée de cette atmosphère froide tant dans la communication concrète avec le personnage que dans l'environnement retracé d'un hôpital où ne règne pas la vie.

  Maryse  Youdom   

 

InvitÈs

Eclairage blafard, lumière rouge clignotante, décor de draps blancs. Ambiance morbide. Maladie, mort. Un homme sur scène, allongé par terre, enroulé dans ses draps prend la parole alors qu'il tente d'ouvrir les yeux. Je suis placée pourtant assez près mais je ne le distingue pas derrière les têtes des spectateurs qui sont devant moi. Je tente un moment de bouger pour l'apercevoir, mais je renonce.Tant qu'il sera allongé par terre, je ne ferai que l'entendre. Il se redressera petit à petit, au cours de ce long monologue qui va me sembler interminable. Je le verrai mieux, drapé dans son drap dont il se dévêtira peu à peu pour dévoiler son corps malade, quand il pourra enfin se mettre debout.
Ce texte a été écrit par quelqu'un mort jeune, du Sida, je crois et je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a derrière toute cette souffrance exprimée, un vécu terrible. La maladie, la mort je les côtoie tous les jours au quotidien, dans mon travail. Pourtant ce malade qui m'exprime sa déchéance physique et sa détresse morale face aux dégradations de son corps médicalisé ne réussit pas à m'atteindre, ne m'émeut pas. Je ne suis pas touchée par ses mots, qui pourtant sont très forts. Je le devrais. Je m'en veux même parfois d'avoir envie de sourire, de rire même à des moments qui devraient être pathétiques et graves. Je n'entre pas dans cette souffrance et ma réaction me procure une grande sensation de malaise. Un moment d'émotion cependant quand il parle d'une de ses sorties , lorsqu'il est enfin capable d'aller s'acheter des cerises. Je comprends alors l'affiche. Mais ce qu'il va déguster sur scène, c'est une espèce de poudre rouge qui va lui couler entre les doigts. Moi, j'y vois du sang, je frissonne, enfin.

  Sylvie  Pradelle   

 

InvitÈs

Une pièce fermée, des draps aux murs et au plafond. Un homme seul. D'abord, il est allongé, il ne peut pas bouger. Quand des gens entrent dans la pièce, il sent leur présence et entend leur voix. Progressivement, son corps reprend des aptitudes à se mouvoir : son cou, ses mains, son torse, ses jambes. Cela se passe dans des moments de silence très intenses : le corps expérimente un passage vers plus de mobilité. L'homme raconte ce qu'il éprouve; ses phrases sortent souvent en deux fois, comme une pensée qui se précise après une première verbalisation. Je suis touché par les paroles et les gestes de cet homme. Je me sens vraiment entraîné à comprendre son expérience. Et je découvre un regard radical et positif sur la vie : respirer, bouger un membre, se lever, marcher prend une valeur énorme.

  Pascal  Maigret   

 

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