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L'Augmentation
Georges Perec

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Michel Abécassis
   Compagnie : Théâtre de l'Eveil
Avec : Charlotte Blanchard, Nicolas Dangoise, Renaud Fulconis, Gérald Mauroy, Pierre Ollier, Lise Socquet-Juglard.
Assistant : Christine Jaulmes
Lumière : Benoît Desnos

Durée :  1 heure(s) et 15 minute(s)

Planning :
 

Collège de la Salle
9, rue N. D. des sept Douleurs   Avignon
Tel: 0490859286
Bus: 1-3-4-5-6-9-PB
  du 06/07/2001 au 28/07/2001 à 15:00
tarif adulte : 90  réduit : 65



Les tribulations de 6 personnages en quête d'augmentation auprès de leur chef de service, quelles que soient les conditions sanitaires, psychologiques, économiques et la présence ou non, de la secrétaire du dit chef de service. 6 voix, irrésistibles d'invention et de drôlerie. « Un chef d'oeuvre d'humour, où nos héros sombrent dans une folie communicative. » Le Parisien. « ... Où comment l'absurdité propre au monde du travail prête à rire. » Le Républicain.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Le texte de Pérec m'a fait l'effet d'une partition musicale où la situation de l'employé qui veut demander une augmentation à son chef de service est répétée sous des formes variées. La répétition m'a mise dans un état naviguant entre l'agacement et le rire. Tout en étant face à la scène, je me suis retrouvée comme au milieu de ces 6 acteurs qui s'amusaient à se lancer le texte créant un effet de stéréophonie ou de polyphonie, le rythme des paroles, la succession très rapide des états et des petites trouvailles: comme ce jeu de pêche à la ligne odieux et ridicule parce qu'il met en jeu les rivalités et les mesquineries entre collègues ont un peu brisé l'aspect fastidieux de la répétition des mots, des situations. Je me suis trouvée embarquée par ce grand choeur burlesque dans un sorte de transe me rappelant les ambiances parfois destructrices de mon milieu professionnel. Les problèmes de boulot c'est vraiment chiant mais ça soulage d'en rire, ça n'arrive pas si souvent.

  Anne-Marie  Goulay   

 

InvitÈs

Tout commence par l'exposition de la donnée, a priori simple, d'un problème: "vous" voulez demander une augmentation à votre chef de service. Suit une première alternative: soit votre chef se trouve dans son bureau, soit il ne s'y trouve pas.... Et voilà que moi, simple spectatrice, je me suis retrouvée embarquée dans un problème de plus en plus complexe, où Perec, usant de toutes les ressources de la logique, de la rhétorique argumentative et de l'art de la variation, s'est amusé à créer un labyrinthe sans issue. Dans un tournoiement d'hypothèses, exposées par des personnages incarnant tantôt le malheureux demandeur, tantôt l'inflexible supérieur, tantôt l'ironique commentateur, se crée un extraordinaire jeu de rebonds, de poupées gigognes, de juxtaposition de situations qui s'enchaînent pour créer, pour dresser autant d'obstacles à "votre" désir, finalement légitime, d'obtenir une augmentation. Le problème, ne cessant de se ramifier, vient finalement égaler par son ampleur la taille colossale du trust qui "vous" emploie et dénonce "votre" ridicule insignifiance d'être humain... Rien de kafkaïen cependant: les cinq personnages, choreuthes de l'entreprise moderne, qui sont "vos" porte-parole, exécutent une polyphonie réglée avec une précision d'horloger ainsi qu'une chorégraphie virtuose, pleine de trouvailles savoureuses. Il plane sur ce problème loufoquement bureaucratique, cocassement financier, pitoyablement humain, un humour tonique et roboratif. Je suis ressortie de ce spectacle légère, légère.... en sifflotant un air bien connu.

  Emmanuelle  Borgeon   

 

InvitÈs

Six fonctionnaires au costume grisâtre entrent en scène et vont tenter de demander une augmentation de salaire à leur chef de service. Leur air parfaitement ahuri d'éternels dominés m'amuse déjà beaucoup. Je respire la poussière du bureau dans lequel ils travaillent, j'entends dans leurs soupirs le poids de leur vie monotone et bien réglée, je suis touchée par leurs avances timides, leurs suppositions, leurs retraits quant à une demande plus que justifiée. J'ai aimé leurs jeux de chaises, la parfaite coordination des gestes autour des chaises; ballet bien orchestré de marches, valses, postures horizontales, verticales. Quel humour dans les changements d'intonation sur les mots, les mêmes mots dits et redits! Ce crescendo dans l'animation des visages me plaît; les visages ternes s'animent et m'attendrissent, il y a tant de lâcheté et de petitesse en chacun d'eux et ce désir si fort de se dépasser! Comment ne pas reculer devant la supériorité, la superbe assurance du chef ? J'assiste à cette mascarade pitoyable de manque d'audace, d'une marche à reculons et je retiens la leçon; vivre sa vie comme acteur et non comme spectateur, ne pas laisser son audace retomber...comme un soufflé servi trop tôt!

  Marie Edith  Sandrier   

 

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