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Le Cercle de craie caucasien
Bertolt BRECHT

 

Genre :

  Théâtre , Contemporain
Mise en scène :  Benno BESSON
   Avec : Claude Barrichasse, François Berté, Delphine Bibet, Laurent Boulanger, Bruno Dani, Mathieu Delmonté, Akonio Dolo, Christian Hecq, Zoé Lebreton Olivier Loretan, Philippe Marteau, Gilles Privat, Patricia Pottier, Emmanuelle Ramu, Coline Serreau, Nicolas Serreau, Daniel Vouillamoz, Pieter Wilkinson
Traduction de : Benno Besson et Geneviève Serreau
Assistant : Bérangère Gros
Décor : Ezio Toffolutti assisté de Licia Lucchese
Musique : Paul Dessau
Costumes : Ezio Toffolutti
Lumière : André Diot assisté de Nicolas Widmer

Planning :
 

La Criée - Théâtre Nationale de Marseille
30, Quai de Rive Neuve   Marseille
www.theatre-lacriee.com
Tel: 0491547054
Bus: 83 Metro: Vieux Port
  du 08/11/2001 au 18/11/2001 à 20:30
sauf lundis relâche
mercredis et jeudis à 19h00 dimanches à 15h00
   
Théâtre National de la Colline ( Paris )   du 01/03/2001 au 15/04/2001
Théâtre Vidy-Lausanne ( Lausanne )   du 24/04/2001 au 18/05/2001
La Rose des Vents ( Villeneuve d'Ascq )   du 23/10/2001 au 25/10/2001
Le Quartz ( Brest )   du 18/12/2001 au 21/12/2001
Théâtre du Muselet / Scène Nationale ( CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE )   du 23/01/2002 au 24/01/2002



L'histoire se passe juste après la seconde guerre mondiale en Géorgie. Il s'agit d'un conflit à propos d'une vallée située entre deux villages. Auquel doit-elle revenir ? A celui qui, de tout temps, la possédait ? Ou au kolkhoze qui en a besoin pour réaliser un grand projet d'irrigation ? C'est alors qu'arrive une troupe de comédiens. Ils jouent une pièce de circonstance : Le combat pour la vallée. On y voit comment, au cours d'une insurrection, la femme du gouverneur confia son fils à la servante Groucha. Et comment Groucha se sacrifia pour l'élever. Comment elle refusa de le laisser à la femme du gouverneur, venue le réclamer. Et finalement, ce fut elle qui gagna. Car, dit Brecht, la terre appartient à celui qui la cultive, comme l'enfant à celle qui l'élève. A travers le personnage de Groucha et son comportement, Benno Besson relie la pièce à notre temps. Il ne met pas en cause le désir maternel quand elle s'empare de l'enfant, même si par la suite elle s'y attache, grâce aux soins qu'elle lui apporte, aux obligations qu'il lui impose. "Ses motivations vont plus loin. Elle ne supporte pas de perdre ce qui traîne. Et puis, elle enlève l'héritier d'un patriarche, l'élève à sa façon… C'est ce que j'ai envie de mettre en évidence. Cela dit, il s'agit là de simples béquilles de réflexion qui déterminent les propositions de jeu. La vérité, elle se cherche dans le travail, sur le décor, les masques, les costumes, l'agencement des scènes. Le travail avec les comédiens. Ils sont puissants dès qu'ils sont sur le plateau. Même s'ils ne font rien, ils affirment. De mon côté, naturellement, mes intentions je les affirme le plus vigoureusement possible. Mais si je devais expliquer pourquoi je demande tel ou tel mouvement, il y en aurait pour une thèse, toute ma vie y passerait, mes rencontres, mes expériences (…)".

Benno Besson - Propos recueillis

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Le rideau s’ouvre, Des acteurs apparaissent de chaque côté de la scène pour raconter l’histoire. Leurs visages sont grimés en blanc comme dans le théâtre de Buthô. Ils apparaissent dans un coin de la scène, en scandant ou chantonnant. Les décors, de façon très naturelle, sont amenés sur scène par les acteurs. Je me vois sur la place du village au moyen âge, où la troupe de comédiens ambulants allait en tournée, et devait intéresser les spectateurs avec du matériel pliant et peu d'accessoires.
C’est le jour de Pâques, l’enfant, Michel, fils de noble, m’est présenté dans un berceau précédé de ses parents, sa mère une dame noble, son père le gouverneur de la province, et deux médecins, pas toujours d’accord entre eux. Pauvre petit être, si protégé et portant déjà en lui un avenir tout tracé. J'ai bien vu les riches avec le pouvoir (Madame la femme du gouverneur et son rejeton Michel, bébé déjà promis à un avenir doré de nanti sauf si...) Le méchant prince Kazbeki, le fomenteur de trouble a une apparence très particulière, sa tête ne semble pas être solidaire de son corps, il me rappelle le Baron Harkonnen dans «Dune», mou et adipeux. J'ai bien vu les pauvres avec leur besoin d'amour, de compassion et leur naïveté. La révolution arrive, j’entend des cris, des coups de feu, la femme du gouverneur doit s’enfuir et oublie le petit Michel. Mais il parait impossible qu’elle parte sans sa belle robe couleur lie de vin. L’enfant reste seul, par terre, abandonné.
Arrive Groucha, la servante, qui malgré les conseils de la nourrice du bébé refuse de laisser le petit Michel mourir. "C'est un être humain." Elle semble bien être la seule à le penser. Cet enfant me paraît être une sacré charge et, envers et contre tous, Groucha va le garder au risque d'en perdre son amant ou sa vie. Cette servante est trop morale pour moi. Autour d'elle les gens sont corrompus et elle est là avec sa blancheur, son côté candide si sympathique me semble inadapté pour survivre dans cette Géorgie des années 20. Groucha est poursuivie par des hommes en armes qui veulent tuer Michel, le fils du gouverneur symbolisant le pouvoir. Elle va se jeter littéralement dans le vide sur une passerelle laide et en piteux état. Groucha n’a pas le choix si elle veut sauver le petit Michel et arrive de l'autre côté de la vallée. La passerelle disparaît derrière un drap blanc et je vois Groucha, exultante, chanter pour rassurer Michel. La vie continue dans la vallée, Groucha se marie à un supposé mourant. Elle est bien piégée maintenant, attendant son amant soldat avec un ersatz de mari et un enfant trouvé. Je me demande comment elle va se sortir de cette situation car elle le mérite, pauvre petite servante toute fragile et naïve, mais si décidée.
La guerre est finie, Groucha revient dans la vallée. Le nouveau juge, Azdac, choisi par le peuple, qui s’assied au sens propre ostensiblement sur le code civil a des façons bien à lui de juger. Mais qui pour finir ne me semblent pas très différentes de celles du juge précédent. Azdac sollicite des pots de vin mais donne en général raison au pauvre qui ne peut rien lui donner. La dame noble revient et veut récupérer Michel son fils. On comprend que ce n'est pas par amour mais par intérêt. C'est l'héritier et donc elle a besoin de lui pour avoir l'argent et les biens. Azdac doit juger l’affaire de la filiation de l’enfant. Il va s'en sortir par une pirouette comme dans tous ses jugements. Il propose le cercle de craie caucasien: il trace un cercle de craie, place l’enfant au centre et demande à chaque femme de tirer Michel ver elle. Groucha finit par lâcher la main du petit car elle ne veut pas que cet enfant, son enfant, ait mal.
Laquelle est la vraie mère ? Celle qui a nourri Michel, ou bien celle qui l'a mis au monde? Cette question me paraît tout à fait actuelle, et Azdac paraît s'en être sorti de façon tout à fait respectable.

  Mahé  Donnadieu   

 

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

Le Cercle de craie caucasien est en fait tiré du très ancien Cercle de craie chinois de Li Sing-tao [1279-1368  ; dynastie des Yuang], adapté en 1925 par le poète-dramaturge allemand Alfred Klabund (1891- 1928). […] Brecht a toujours été séduit par la civilisation chinoise (comme il fut aussi fortement attiré et influencé par les techniques de l'acteur chinois)  : sourire et courtoisie, humour et lucidité, ces qualités trouvent leur parfait épanouissement dans la sagesse profondément humaine des disciples de Confucius. Il y a quelque chose de cette sagesse en Brecht lui-même. On en trouve le reflet dans le style des pièces de l'exil, qui a gagné une savante limpidité. Le langage lyrique lui-même est plus assourdi qu'autrefois, plus secret, il a la saveur complexe du fruit très mûr. […] La pièce se divise en deux récits parallèles, dont les héros distincts ne se rejoignent qu'à la scène finale pour le test du cercle de craie, sorte de jugement de Salomon. L'enfant contesté est placé à l'intérieur d'un cercle de craie et chacune des deux mères doit le tirer à elle. La vraie mère, plutôt que de lui faire mal, laissera sa rivale l'emporter et se verra attribuer l'enfant par un juge atypique. Le premier récit concerne l'enfant noble du gouverneur de Grusinia, abandonné par sa mère lors d'une révolution de palais et recueilli par la fille de cuisine. Le second est l'histoire du juge Azdak, coquin menteur et ivrogne, que les troubles civils ont porté sur le trône du juge et qui y rend des sentences extravagantes. Il a fléchi le droit en usage pour que justice soit faite. Le droit bourgeois, encanaillé, assure pourtant un minimum de justice sociale.

Geneviève Serreau Extrait de Brecht, coll. Les grands dramaturges, L'Arche, Paris 1955


Benno Besson
En 1942, il crée sa troupe de comédiens amateurs et met en scène (1946) «Trois Soldats» de B. Brecht, entre 1947 et 1949, tournée en zone d'occupation française en Allemagne avec Jean-Marie Serreau, il présente «L'exception et la Règle» de Brecht. En 1948, Besson rencontre Brecht à Zurich et le rejoint à Berlin-Est, où il devient l'un des metteurs en scène les plus marquants du Berliner Ensemble (fondé par Brecht). Après la mort de Brecht (1956) il travaille au Deutsches Theater et en 1969, il prend la direction artistique de la Volksbühne. Tout en vivant à Berlin-Est, Besson monte des spectacles en Autriche, en Allemagne fédérale, en Suisse, En Italie, en Bulgarie et en France (en 1978, première mise en scène du «cercle de craie caucasien» de Brecht). En 1982, il prend la direction de la Comédie de Genève, qu'il quitte en 1989. En 1990, il présente en coproduction avec le Théâtre Vidy-Lausanne, «Mille francs de récompense» de Victor Hugo, «Le Tartuffe» de Molière et «L'Ecole des Maris» de Molière.
Brecht n'avait pas encore marqué de son influence le théâtre européen, que très tôt Besson a adopté, à son école, une manière révolutionnaire de «faire du Théâtre». Depuis bientôt cinq décennies, avec une cinquantaine de création, il poursuit sa quête personnelle et originale dans une orientation qui, en regard des auteurs qu'il a montés (surtout Brecht, Anna Seghers, Peter Hacks et Carlo Gozzi ainsi que des classiques tel que Sophocle, Shakespeare, Molière, Hugo) est toujours allée vers un théâtre «social».


Bertolt Brecht
Né à Augsbourg en Bavière en 1898. Son père est directeur d'une scierie et d'une fabrique de papiers.
1916  : Entreprend des études de médecine à l'université de Munich.
1917  : Révolution d'octobre en Russie.
1918  : Mobilisé comme infirmier à Augsbourg. Au lendemain de la guerre, Brecht fait partie d'un conseil de soldats et d'ouvriers à Augsbourg.
Fin 1918-début 1919  : soulèvements révolutionnaires dans les grandes villes d'Allemagne.
1918-1922  : Brecht fréquente les cercles littéraires et artistiques munichois avec son ami d'études Caspar Neher et collabore à différents cabarets-concerts avec Karl Valentin. Il rencontre Alfred Klabund, Carola Neher et Lion Feuchtwanger. Brecht écrit Baal, Tambours dans la nuit et Dans la jungle des villes.
15 janvier 1919  : Assassinat de R. Luxemburg et K. Liebknecht.
1920  : Rencontre de Marianne Zoff, dont il aura une fille Hanne en 1923.
1921-1922  : Rencontres de Arnolt Bronnen et de Marieluise Fleisser.
1924  : S'installe définitivement à Berlin où il devient dramaturge auprès du Deutsches Theater de Max Reinhardt. Rencontre d'Hélène Weigel et d'Elizabeth Hauptmann.
1926  : Rencontre avec le dessinateur Georges Grosz et le metteur en scène Erwin Piscator.
1928  : L'Opéra de quat'sous. Première en août 1928 au Theater am Schiffbauerdamm de Berlin, collaboration avec E. Hauptmann, musique de K. Weill.
Découverte de l'œuvre de Marx et élaboration progressive de la théorie du théâtre épique.
1931  : Rencontre de Margarete Steffin.
1932  : La Mère d'après Gorki - collaboration de S. Sudow, H. Eisler et G. Weisenborn, Sainte Jeanne des abattoirs, collaboration de H. Borchardt, E. Burri et E. Hauptmann.
1933  : Hitler devenu chancelier, Brecht s'exile. Déchu de la nationalité allemande, il vivra successivement à Prague, Zurich, Copenhague où il rencontre Ruth Berlau (1933), puis en Finlande (1939) où il fait la connaissance de Hella Wuolijoki. Ses œuvres sont interdites puis brûlées par les nazis.
1938-1939  : La Vie de Galilée, collaboration de M. Steffin  ; La Bonne Ame de Se-Tchouan, collaboration de R. Berlau, M. Steffin  ; Mère courage et ses enfants.
1940-1945  : Quitte la Finlande et s'installe aux Etats-Unis (à Santa Monica à Los Angeles). Maître Puntila et son valet Matti, d'après le récit et un projet de pièce de H. Wuolijoki (1940). Le Cercle de craie augsbourgeois (1940)  ; La Résistible Ascension d'Arturo Ui, collaboration de M. Steffin (1941)  ; Le Cercle de craie caucasien, collaboration de R. Berlau, musique de P. Dessau (1944).
1947  : Rencontre Charlie Chaplin. Comparaît devant la commission des activités anti-américaines. Quitte les Etats-Unis pour la Suisse. Rencontre à Zurich Benno Besson qui sera engagé dès la fondation du Berliner Ensemble en 1949.
1948  : Se rend à Berlin-Est. Petit organon pour le théâtre.
Septembre 1949  : le Berliner Ensemble, sous la direction de Hélène Wiegel, commence son travail au Deutsches Theater dirigé par W. Lanhgoff.
Mars 1954  : Inauguration du Berliner Ensemble au Theater am Schiffbauerdamm avec Don Juan de Molière, adapté par B. Brecht, B. Besson et E. Hauptmann, mis en scène par Benno Besson.
1954  : Le Berliner Ensemble se rend à Paris au Festival International de Théâtre (Mère courage et La Cruche cassée de Kleist) - Théâtre Sarah Bernardt.
Octobre 1954  : première à Berlin du Cercle de craie caucasien, mis en scène par Brecht, avec E. Busch, A. Hurwicz et H. Weigel.
Juin 1955  : Le Berliner Ensemble se rend à Paris au Festival International de Théâtre (Le Cercle de craie caucasien) - Théâtre Sarah Bernardt.
Brecht meurt d'un infarctus le 14 août 1956 à Berlin-Est.

 

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