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Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
Stefan ZWEIG

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Bernard DAMIEN
   Compagnie : THEATRE DU GRAND MIDI
Avec : Anne-Marie Cappeliez
Adaptation de : Bernard Damien
Assistant : Nicole Palumbo
Régie : Jani Afar
Durée :  1 heure(s) et 10 minute(s)

Planning :
 

Le Funambule
16-18, rue Joseph Vernet   Avignon
www.avignon-lefunambule.net
Tel: 0490146929
Bus: 1-3-4-5-6
  du 05/07/2002 au 27/07/2002 à 20:00
   
Théâtre du Grand Midi-XL ( Bruxelles )   du 26/09/2002 au 26/10/2002
Le Funambule ( Avignon )   du 09/07/2003 au 31/07/2003



Jamais encore, je n'avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudité effrontée. J'étais fascinée par ce visage qui, soudain, devint morne et éteint tandis que la boule se fixait sur un numéro  : cet homme venait de tout perdre  ! Il s'élança hors du Casino. Instinctivement, je le suivis…Commencèrent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin  !

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

J'aime Zweig. J'aime son écriture acérée, aérienne, la justesse et la précision descriptive de son style qui jamais ne paraît empesé. Ces qualités là, je les retrouve intégralement transposées dans le texte du monologue de l'héroïne de "24 heures de la vie d'une femme". La gravité du propos, déclamé à voix basse, ne produit cependant pas sur moi l'effet escompté. Je connais l'histoire, le texte, j'anticipe les boulversements annoncés, mais si le texte est juste, son rendu scénique ne me touche pas comme je le souhaiterais. Je suis conscient de la difficulté de l'exercice: monologue ininterrompu décrivant une situation de crise émotionnelle exceptionnelle, la transposition orale du texte ne me permet pas de retrouver ni les images ni la magie de l'écrit. Sans doute suis-je en attente des mêmes émotions que celles que m'a procurées la lecture du livre: extrême attention, implication dans l'histoire, enthousisame devant la justesse du propos et des variations de ton, propres à celles d'un chef d'orchestre littéraire qui sait faire monter crescendo la tension jusque son paroxysme, pour d'un coup de baguette la laisser ensuite retomber de façon abrupte. Mais ces variations tant attendues, je ne les retrouve pas. Si le texte est bien dit, son interprétation me laisse à la porte des émotions suscitées par le maître autrichien.

  David  Nahon   

 

InvitÈs

La pièce débute par la scène des mains, celle qui m'avait le plus marqué lors de la lecture du roman. Zweig y personnifie les mains des joueurs qui évoluent sur le tapis vert de la roulette. J'ai ressenti, de la même façon qu'à la lecture du texte, l'atmosphère particulière des casinos où l'argent et la fortune jouent sournoisement avec les âmes des hommes.
L'espace se dédouble progressivement : d'un côté, la scène proprement dite, où évolue une femme âgée assouvissant son besoin de se confier au public, de l'autre, un espace imaginaire accueillant le récit de l'aventure passionnée d'une veuve et d'un jeune homme dévoré par le jeu. Je me sentais glisser perpétuellement d'un espace, d'un temps à un autre. L'héroïne prête sa voix et son jeu, aux moments des dialogues, à son protégé, ce qui m'a heureusement permis d'échapper aux langueurs d'un parfait monologue. J'ai ressenti pleinement les différentes émotions de cette femme : son admiration démesurée pour le jeune joueur, son désespoir d'avoir agit contre la morale de son rang ou encore sa colère et sa souffrance face au rejet et à la trahison.

  Benoît  Morel   

 

InvitÈs

Une femme seule dans un salon. Cette femme s'avance frontalement pour nous parler. Mais elle fait bien plus que nous parler; elle nous confie un secret, un secret intérieur. Un secret qui la tourmente, la rend fiévreuse depuis cette rencontre inopinée. Elle ressent le désir de nous partager ces 24 heures qui ont marqué sa vie en ayant fait la promesse de ne laisser aucune pensée qui lui ait traversé l'esprit ; ni aucun acte. L'événement est qu'elle rencontre un étranger dans un casino qui se ruine en jouant jusqu'au dernier sou. Mais avant de rencontrer cet être, elle le découvre par ses mains comme toutes les mains des autres joueurs qu'elle épie. Mais ces mains-là m'apparaissent pour elle comme une révélation. Ce personnage d'homme ruiné est pourvu à la déchéance. Malgré cela, un désir passionnel et irrationnel, des pulsions et envies s'emparent d'elles pour le sauver.
Je pense que c'est un texte qui me pose question sur le désir du corps qui agit par instinct animal, ou par des attitudes impulsives et insensées. Par exemple dans la pièce, elle suit cet homme inconnu jusque dans un parc avec une pluie cinglante. Elle va vers lui et sans conscience lui parle et le secoue pour l'abriter et l'accompagne à un hôtel pour ne plus le revoir. Je pense qu'elle n'a pas mesuré la proportion de ses actes puisqu'elle a été jusqu'à couchée avec cet homme incongru. En contradiction avec l'esprit fonctionnant de manière réfléchie et structurée de l'acte qu'on produit: le fait qu'elle mette des mots sur ces 24 heures et que sa pensée a débuté juste après l'événement pour aboutir à une parole 24 ans après. Ces antagonismes doivent-ils être dissociés ou associés dans la réflexion?

  Flavien  Tassart   

 

InvitÈs

Aussitôt arrivée dans la salle, je me sens agréablement en confiance dans le salon cossu. Une femme aux cheveux blancs le parcourt lentement. Elle est élancée, belle, très digne, noble et d'aspect très froid. Elle semble perdue dans ses pensées. Elle nous attend !
Elle nous attend pour nous conter l'histoire d'un jour et d'une nuit de sa vie, 24 heures qui l'ont marquée profondément et sont restées gravées à jamais dans sa mémoire. Vers le milieu de sa vie, au moment où, désespérée, elle avait perdu ceux qui lui étaient les plus chers : son mari et son fils, elle va se lancer corps et âme dans une folle aventure amoureuse qu'elle croit éternelle. Un soir, autour d'une table de roulette du Casino de Monte Carlo, elle va soudain être bouleversée par la beauté des mains puis du visage d'un jeune homme jouant en face d'elle. Au cours de la longue description de ce visage et de ces mains, je ressens l'admiration, la curiosité, l'amour puis la passion qui grandissent en elle et l'envahissent progressivement. Elle est déjà amoureuse de lui ! Cette aventure va faire basculer toute sa vie. Son destin est en marche et elle ne peut y échapper. Elle, si digne, si maîtresse d'elle-même, si froide, va se laisser aller sans retenue pendant vingt-quatre heures, guidée par ses seules émotions et par ce désir charnel qu'elle ne peut contenir et réprimer. Pour vivre ce bonheur fou, elle va devoir prendre en compte la souffrance, la honte, la peur, la colère, le désespoir, l'abandon et le retour au néant, qui accompagnent une telle relation passionnelle.
Comme j'ai admiré cette femme ! Admirée pour son courage, sa force, son audace, son abandon dans cette aventure qu'elle ose nous raconter. Comme j'aimerais vivre pareille histoire, même seulement pour vingt-quatre heures et me souvenir toute la vie de l'intensité de ce moment !

  Elsa  Barde   

 

InvitÈs

Confidence d'une femme dont la vie se trouve bouleversée, chamboulée en 24 heures, prête à tout abandonner pour suivre un homme qu'elle ne connaît pas. Connaissant ce texte pour l'avoir lu et relu, j'ai été touchée par l'émotion de cette femme, par contre je n'ai pas compris le ton parfaitement neutre quand, durant sa narration, qu'elle utilisait pour faire parler le personnage de l'homme; cela m'a gênée, troublée, est-ce pour mettre en valeur sa propre émotion ? Cette femme mondaine, habituée au luxe, au confort, à la sécurité que donne l'argent fait l'expérience d'une nuit dans un hôtel mal famé, avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle et sans scrupules. Ces 24 heures resteront les plus beaux de sa vie; j'ai ressenti de l'émotion, certes mais j'aurais peut-être attendu de la passion et de la vie pour le personnage masculin. Cette femme m'a beaucoup touchée à certains moments lorsqu'elle dévoile sa fragilité, sa peur. Mais j'attendais plus de passion chez cette femme qui a vécu en 24 heures tant d'émotions différentes : du désir de donner, de porter secours à un homme en détresse, de la peur lorsqu'elle se sent prise à son propre piège et qu'elle se trouve embringuée dans une aventure au delà de l'imaginable : dans une chambre d'hôtel plutôt mal famé avec un inconnu; elle, une femme du monde et puis cette découverte de l'amour physique qu'elle n'avait jamais connu auparavant avec autant d'intensité qui lui révèle sa féminité, ensuite l'amour pour cet homme, sa gratitude envers lui qui lui donne l'envie de tout abandonner, tout quitter pour le suivre, sa déception lorsqu'elle découvre que cet homme n'a aucune parole, qu'il n'est pas fiable et qu'il la traite comme une putain devant tout le monde ; honte et désespoir ponctuent cette séquence inoubliable de sa vie; je l'ai accompagnée quand elle montre sa pudeur, sa tristesse et sa mélancolie.

  Chantal  Gimmig   

 

InvitÈs

Musique cristalline et lumière tendre, paisiblement, m’invitaient dans un salon intime. La vieille grand-mère en robe de nuit tenant une béquille s’y déplaçait ici et là avec patience pour un rendez-vous où elle allait raconter un secret, gardé profondément il y a tant d’années. C’était une rencontre imprévue, entre un homme, jeune et beau, accro de jeu au casino, et une veuve de grand bourgeois qui se sentait sans but dans la vie et complètement inutile après la mort de son mari. Deux êtres, extérieurement, n’ayant pas de lien, ni par l’âge ni par la position sociale ni par un quelconque objectif, étaient chacun épris d’une envie forte ainsi que d’une passion incontrôlable, qui m’a saisie, m’a même étouffée... Mais tout cela, Grand-mère l’a décrit d’une voie pleine de douceur, quand elle disait : il me paraissait impossible de rester un jour de plus dans la maison déserte... J’ai résolu de voyager beaucoup... Et bien, oui, je me suis réjouie d’être devenue un petit enfant pouvant voyager avec elle sur la Côte d’Azur, dans une époque un peu lointaine, participer à une histoire amoureuse, goûter le hasard. Bref, une sensation différente ! Malgré le fait qu’à la fin de ce rendez-vous, à un moment donné, je me suis dit (vraiment très légèrement): c’est tout ? J’attendais un peu plus par rapport au roman de Zweig que j’ai lu il y a un certain temps. Enfin, si j’ai trouvé ce spectacle aussi savoureux, c’est parce qu’il est pour moi, pas du tout un monologue, mais qu’il m’évoque une amitié entre grand-mère et petit enfant.

  Peijung  Minet   

 

InvitÈs

Dans un décor au charme d'entre deux guerres, une dame- bien- sous- tous- rapports nous présente une tranche de sa vie passée qui pèse 24 h d'humiliations, de déceptions, de honte, de remords, de regrets, d'espoirs, d'illusions déçus, de passion avortée, de malentendu, concentrés sur un seul épisode, et sur un seul homme. Tout ce que moi j`ai pu vivre à petites doses, au compte goutte, avec plus ou moins de gouttes, tout au fil des ans et des rencontres et qu’il a fallu sinon oublier, du moins neutraliser pour empêcher de nuire, mieux encore en tirer parti, tout un programme.
Et son étranger qui se perd, la désespère dans la drogue du jeu. J'évite les casinos, bas les pattes ! Car dans l'ambiance feutrée il y a le silence quasi religieux ou je ressens une communion étroite avec les autres joueurs autour du même espoir, de la même courte attente exaltante, de la déception autour d'un autel couvert de tapis vert, il y a aussi ces chiffres qui peuvent présider aux destinées, il y a tous ceux qui obéissent à la même homélie : "Faites vos jeux" "Rien ne va plus". Il y a le bruit sec de la boule titubant entre les nombres qui peut faire de moi l’élue du destin, il y a ces quelques minutes de suspens, d'illusions souvent déçues mais toujours renouvelées et renouvelables jusqu'au drame, qui me mets dans un état hypnotique où la conscience est en danger. Pour moi, qui déteste toute dépendance, je dois résister à la tentation de la tentation et fuir les casinos. L'appât du gain a peu à voir avec le jeu, il en est l'enjeu mais pas l'essence de la passion qu il provoque.
Notre héroïne se prêtait au petit jeu que j'ai moi-même j'ai pratiqué lorsque je prenais le métro de la ligne de Sceaux : à partir de l'observation des mains deviner les activités, des passagers à mes côtés, leur âge, leur caractère, le reste de leur composition physique et vérifier si je retrouvais ce que j'avais imaginé sur leur visage. Voilà un jeu sans danger, celui là.

  Lucienne  Romani   

 

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