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Topeng Shakti (Indonésie - Bali)
TRADITION

 

Genre :

  Spectacle Traditionnel
Mise en scène :  TRADITION
   Compagnie : Gamelan de Femmes Mekar Ayu
Avec : Les danseuses : Ni Nyoman Candri, Cokorda Agung Isteri, Cristina Wistari ; Les musiciennes du gamelan : Ugal : Desak Nyoman Suarti ; Gangsa : Ni Ketut Suerti, Ni Nyoman Nanik Kormaniati ; Kendang : Ni Wayan Mudiari, Desak Made Purnani ; Kajar : Ni Wayan Eka Sumantriani ; Ceng-ceng : Ni Komang Artati ; Gong : Ni Komang Apti

Planning :
 

Maison des Cultures du Monde
101 Bd Raspail   Paris
www.mcm.asso.fr
Tel: 0145444142
Metro: Notre-Dame des Champs
  du 28/02/2003 au 02/03/2003 à 20:30
Dimanche à 17h
tarif adulte : 20  réduit : 10



Le Topeng, théâtre dansé et masqué de Bali figure parmi les grandes formes spectaculaires classiques de cette île enchanteresse. Dans le Topeng, art essentiellement masculin, le danseur doit, par ses gestes, ses mouvements et l'intonation de sa voix, incarner le caractère du masque qu'il porte. En 1998, sous l'impulsion de Cristina Wistari Formaggia, le groupe de Topeng Shakti composé uniquement de femmes voit le jour. Ce groupe est accompagné d'un gamelan de femmes, Mekar Ayu, constitué en 1990 par Desak Nyoman Suarti. Le groupe Topeng Shakti connaît un immense succès à Bali, et plus particulièrement dans les villages auprès des femmes.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Assise au fond de mon fauteuil, je patientais, prête à découvrir Topeng Shakti, le théâtre masqué et dansé de Bali. Ce qui me surpris d’abord c’était l’odeur d’encens omniprésente dans la salle, enveloppante, comme une pré-condition à l’aventure, ensuite les couleurs chatoyantes des rideaux ocres, dorés et violets, d’où surgiraient les artistes. Des instruments étaient disposées en rang de chaque coté des rideaux, d’un coté les cuivres : des xylophones, des petites cymbales et une sorte de cocotte, de l’autre coté, un grand gong et des tambourins. Les musiciennes, je dis bien, les musiciennes entrèrent sur scène, singularité particulière, ce spectacle ne serait composé que de femmes, pied de nez à cet art autrefois réservé qu’aux hommes. Commença alors une longue introduction musicale, aux sonorités aiguës et graves, tout en harmonie, je me laissais emporter par le rythme enivrant de la musique, l’odeur entêtante, et les couleurs flamboyantes, le rythme de la musique s’accéléraient et décéléraient comme si la musique même racontait une histoire. Le premier personnage entra sur scène, c’était un noble on pouvait le voir à son masque qui couvrait entièrement son visage, ces gestes étaient précis, sa silhouette majestueuse, il se mouvait sur scène comme pour nous faire comprendre de son importance, relevant les pans magnifiques de son costume. D’autres personnages se succédèrent, ils ne prononcèrent pas un mot mais à la vue de leur masque, leur costume, et leur gestuel, je devinais qu’ils étaient des notables ou des personnes âgées. Les mouvements des personnages m’entraînaient au cœur de la danse, d’abord je suivais les mains souples et gracieuses qui m’inspirait de la douceur, de la confiance, comme si elles me disaient « viens viens dans la danse », ensuite venait les mouvement des pieds, orteils pointés vers le haut, agressifs, pieds qui me semblaient bien ancrés au sol tapant ça et là, et alors je ressentais toute la dureté, la colère du moment, qui me remettaient à ma place de simple spectateur. Tout cela se déroulait sous la houlette des musiciennes qui donnaient le rythme à ces allées et venues. Arrivèrent alors les personnages à demi masqués, serviteurs du roi, premiers personnages à parler dans ce ballet. Ces deux comparses étaient magnifiquement drôles, dans leur façon comique de se mouvoir en se dodelinant, de se parler en invitant l’autre toujours à se défendre et de leurs étonnements marqués à chaque parole prononcée. Malgré le fait qu’ils s’exprimaient invariablement en plusieurs langues, on voyait bien que ces personnages s’opposaient, l’un était grand vantard et fier, l’autre était petit, sournois et malin, tout deux cherchaient à ridiculiser l’autre, à prendre sa place, à se valoriser aux yeux du public, ils se moquaient l’un de l’autre et se jouaient des tours pendables qui me faisais sourire. Parfois quelques mots en français fusaient et la salle alors riaient de tout son cœur, parfois un geste simple suffisait à déclencher les rires, je me laissa facilement emporter dans la comédie qu’ils nous jouaient : la venue du roi devant lequel ils essayaient de se redorer, l’intervention d’un mendiant qui se croyaient le plus beau du village, deux femmes se déchirant les faveurs d’un des serviteur du roi, les femmes combattant ensemble pour chasser le mendiant. Toutes ces scènes s’enchaînèrent comme la musique qu’il les accompagnait avec harmonie.
Alors vint le salut final, toutes ces belles femmes travesties, qui nous avaient fait rêver, qui nous avaient raconté une belle histoire, nous saluèrent. La salle ne cessa d’applaudir comme pour retenir encore un peu de magie avant de rentrer.

  Annick  Ourdi   

 

InvitÈs

Sept jeunes femmes, revêtues d'une robe rouge satinée, donnant l'impression de grâce et de douceur entament une musique stridente et brutale. Mes oreilles mettent cinq bonnes minutes pour s'habituer à ce nouveau rythme. Au bout de dix minutes la salle se laisse hypnotiser. Un homme, le masque d'un homme, il ressemble à un général entre sur la scène et se met à danser. Une myriade de masques / personnages le suivent. Ils ne disent rien, mais on apprend à les connaître à leur façon de danser. L' Histoire commence. Toujours la même histoire, celle d'amour impossible et de maris cocufiés. Je ne parle pas leur langue mais un savant mélange d'anglais et de français me laisse deviner l'essentiel. Je suis complètement dépaysé, je m'imagine à Bali. Je ne suis pas trop leurs pérégrinations conjugales, je me laisse porter par la musique, par les masques aux milles visages, par les costumes. Ils sont revêtus de strates de tissus : armure doré, lainage rouge et petite étoffe blanche. Ils me donnent l'impression que si je retirais tous leurs vêtements, je ne trouverais personne en dessous, que si j'arrachais leur masque, je trouverais un autre masque, puis un autre puis plus rien. Les acteurs saluent, le spectacle est déjà fini. J'aimerais prolonger le voyage et j'espère que la prochaine fois je m'éveillerais à Bali.

  Olivier  Carré   

 

InvitÈs

En fond de scène, un rideau rutilant de satin rouge et or, encadré d’une fine fumée diffusant une suave odeur d’encens. Au sol, une dizaine de jeunes indonésiennes vêtues de robes rouge vermillon assises en tailleur derrière des instruments à percussion métalliques.
Ma première impression lorsque j’ai entendu frapper le gong et tinter le gamelan ? J’ai ressenti l’atmosphère de mon voyage à Bali. J’arpentais les rues d’Ubud et j’ai revu les processions, les crémations, les rituels et les offrandes apparaissant à tous moments aux coins des rues. Cette musique métallique et cristalline, à la fois fluette et sourde, me fait l’effet du ruissellement d’une source intarissable. Ce doux martèlement répétitif m’évoque les battements irréguliers d’un cœur inépuisable. Annoncés par une soudaine accélération du rythme des percussions, sont apparus les personnages. Quatre ou cinq, chacun à tour de rôle, “ présentés ” dans l’embrasure du rideau, masqués, immobiles et tendus, posés sur le dossier d’une chaise tels des poupées dans la vitrine d’un magasin de jouets pour enfants. Regards extatiques, yeux noirs exorbités contrastant avec l’aspect atone du reste du visage, veste de satin chatoyante recouvrant une longue tunique blanche. Les poupées se mettent subitement en mouvement comme si un opérateur, dans leur dos, avait tourné une clé. Leurs mouvements sont d’abord saccadés, anguleux, puis, progressivement, les corps s’assouplissent en contorsions serpentines, et bien que les masques restent immuables, ces visages qui me paraissaient au premier abord austères, prennent subitement une allure espiègle et sympathique lorsqu’ils sont animés par les mouvements du corps.
Comme à l’Opéra, l’histoire qui nous est contée est simple. Un prince est amoureux d’une femme nommée Candra qui a disparu. Une “ diablesse ” arrive à convaincre le prince qu’une fois mariée avec lui, elle aura le pouvoir de se métamorphoser en Candra. D’abord muets, puis chantant, puis dialoguant à deux , les personnages prononcent des sons mais jamais ne parlent une langue, je veux dire un idiome. Les modulations des voix syncopées font transparaître clairement les modes interrogatifs et affirmatifs, les sentiments premiers tels que l’effroi, la colère, le plaisir… Elles m’évoquent le tout premier langage; le charabia des petits enfants qui cherchent à s’exprimer sans pouvoir encore le faire. Dans le débordement des couleurs et la grâce des gestes, cette pluie de vocalises s’est intimement mêlée au martèlement obsédant du gamelan pour m’emporter dans un voyage féerique.

  Marianne  Kambouchner   

 

InvitÈs

Les instruments à percussion, claviers à lames de métal, gong, tambour, joués par des femmes, sont alignés de chaque côté de la scène. Je me laisse porter par cette douce et harmonieuse musique. Le rythme s'accélère parfois puis ralentit. Au centre se trouve l'entrée : deux tissus rouge et violet forment une porte. La future princesse, Candra, disparaît. Une diablesse usurpe son identité. Dénoncée, elle est assassinée par les villageois. Le prince peut enfin épouser Candra. Le prince et la princesse portent un masque entier et blanc. Je contemple leur beauté et suis émerveillée par la grâce qui les anime. Les personnages sont joyeux. Je me sens apaisée par leur visage souriant et fascinée par l'étrange pouvoir secret de ces masques. Leur expression traduit finement la bienveillance ou le maléfice. Le masque de la diablesse aux grandes dents ne m'inspire aucune confiance. J'imagine la laideur de son âme. Les serviteurs, qui seuls peuvent parler, portent des demi-masques. Ce sont eux qui racontent l'épopée. Je suis charmée par leurs plaisanteries. J'éclate d'un rire franc face à cet humour qui révèle si bien l'universalité des sentiments : la coquette qui séduit, le bègue qui se moque? Parfois, ils communiquent en français, ce qui augmente mon attention. Les danses sont précises, les gestes rigoureux : les mains dessinent des demi-cercles et ondulent comme les vagues sur l'océan. Les doigts raffinés se déplacent merveilleusement et se balancent gracieusement. Les déplacements et les attitudes sont minutieusement dirigés. Je suis impressionnée par ce jeu physique et parfait. Je n'oublierai pas la magie de cette soirée.

  Sophie  Vignon   

 

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

Topeng qui signifie "pressé contre le visage" est un théâtre musical, masqué et dansé indonésien né probablement depuis cinq siècles. C'est un mélange de danse pure et de pantomime accompagné de la musique du gamelan. Le Topeng décrit la vie de cour au temps des rois de Bali. A cette époque, six royaumes se partageaient l'île. C'est le Topeng qui fait revivre aujourd'hui encore ces événements en les jouant dans leur région d'origine. Il a su rester très populaire en confondant les drames anciens aux histoires quotidiennes des villages et en gardant une chorégraphie moins strictement codée que le Gambuh. La durée d'un Topeng dépend du nombre de danseurs. Les grands Topeng commencent au coucher du soleil et finissent au lever. Le plus court est le Topeng Padjegan composé d'un seul danseur qui exécute tous les personnages à la suite en changeant de masque à vue. C'est la forme archaïque et rituelle qui dure environ deux heures.

Deux types de masques définissent les rangs des personnages  :
* Les masques entiers qui recouvrent le visage. Ils représentent les rois et les ministres. C'est avec les Pengelembar que la représentation de Topeng commence en général. Ces personnages tracent le cadre général de l'histoire en exécutant de la danse pure pour montrer toute leur virtuosité.
* Les demi-masques signalent les valets et les gens du peuple qui sont les seuls à parler. Ce sont les Penasar et les Wijil qui servent de conteurs pendant toute la représentation. Ces derniers ouvrent la voie au Dalem, personnage archétypal, généralement un roi. Son masque blanc, entier et particulièrement raffiné représente la pureté et la perfection qui résultent de l'unification des deux principes, mâle et femelle.

Les sujets sont pris dans le Babad, une chronique des rois balinais. Le Topeng montre l'alternative permanente entre le sacré et le profane, la beauté et la laideur, le raffinement le plus subtil et les caricatures absurdes de la vie quotidienne. L'épisode final met en présence les deux héros en conflit, rencontre de deux chefs aux traditions opposées, lutte entre le pouvoir policé des souverains javanisés et la puissance des anciens pouvoirs locaux aboutissant à la disparition de ceux-ci. Traditionnellement, le Topeng est exclusivement joué par des hommes. Même les personnages sont dans leur majorité masculins, et il y a très peu de référence aux femmes dans la littérature dramatique balinaise.

Cristina Wistari est une artiste d'origine italienne. Son intérêt pour les cultures orientales et traditionnelles l'ont menée en Asie qu'elle n'a pas quittée depuis 1977. Depuis plusieurs années elle est installée à Bali et fait partie de la troupe d'I Made Djimat. C'est sous son impulsion que la troupe de Topeng Shakti composée exclusivement de femmes s'est formée en 1998.

Le groupe est composé d'un ensemble de gamelan et de trois danseuses qui incarnent progressivement tous les rôles. Aux côté de Cristina Wistari on trouve  :
* Ni Nyoman Candri, chanteuse accomplie, danseuse et une des meilleures marionnettistes de Bali. Elle participe régulièrement aux festivals religieux. Ni Nyoman Candri participe aussi à plusieurs programmes de la télévision et anime une émission hebdomadaire de radio.
* Cokorda Isteri Agung est une danseuse et une chanteuse qui maîtrise à merveille l'Arja, forme opératique traditionnelle.

La troupe de Topeng Shakti offre aux femmes balinaises l'opportunité de s'exprimer sur leurs propres expériences en tant que femmes par le biais d'une forme artistique dont les codes sont détenus par tous les membres d'une société patriarcale.
Le gamelan de femmes Mekar Ayu a été créé en 1990 par Desak Nyoman Suarti. Presque toutes les musiciennes sont originaires du village de Pengosekan à Ubud. En 1997, le groupe s'est vu récompensé du premier prix au Festival des Arts de Bali.

 

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