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Bardes du Khorassan (Iran)
Roshan Golafruz
TRADITION

 

Genre :

  Spectacle Traditionnel
Mise en scène :  TRADITION
   Avec : Rôshan Golafruz, chant et dôtar ; Golnabat 'Ata'I et Barat Mohammad Moqimi, chant et dôtar ; Hasan Pur'eydiân, chant, dôtar et marionnette ; Reza Pur'eydiân, chant, dôtar et marionnette

Planning :
 

Maison des Cultures du Monde
101 Bd Raspail   Paris
www.mcm.asso.fr
Tel: 0145444142
Metro: Notre-Dame des Champs
  du 29/03/2003 au 31/03/2003 à 20:30
Dimanche à 17h
tarif adulte : 20  réduit : 10



Roshan Golafruz est issu d'une prestigieuse lignée de bardes. Né en 1956, il perpétue avec brio la tradition familiale et fait extrêmement rare, il est le représentant de la 9e génération de bakshis de sa famille.Fait tout aussi rare, Golnabat Ata'i est l'une des seules femmes bakshi de la région. Elle a appris le dôtar auprès de son mari. Elle chante seule ou avec lui des poèmes d'amour qui rappellent leur idylle  : très jeunes ils se sont enfuis pour se marier contre la volonté de leur famille en vendetta l'une contre l'autre.Hasan Pur'eydiân et son fils Reza sont des musiciens réputés de Nishapur, ville mythique du Khorassan.D'origine tsigane (qorbati ou exilés) les Pur'eydiân sont avant tout marionnettistes, particulièrement versés dans le spectacle dit " poupée de chasse "propre à la région de Nishapur, qui s'appuie sur une gazelle en bois, un joueur de dotâr et un chanteur. Au moyen d'un fil qui relie sa main droite au simulacre de l'animal, l'instrumentiste fait danser la gazelle tout en frappant les cordes de son dotâr.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

Petit matin qui se lève. Soleil éblouissant ma fenêtre, je souris. Mes souvenirs encore chauds m’arrivent dans la tête en même temps que le rayon de soleil. Eblouie par tant de choses, je repense à ma soirée de la veille.
Pour un moment, je retourne dans la petite salle, entre la chaleur du rouge et le noir intime. Les musiciens en demi-cercle nous invitent pour un grand voyage dans les villages de montagnes et les collines escarpées d’Iran ; et nous, spectateurs-découvreurs, emportés, rions, vivons cet instant magique. Au milieu de tout cela, je pense à ce qui rapproche les hommes. Nous n’avons rien de commun, ni la langue, ni la culture, ni la manière quotidienne de vivre, entre ces musiciens sortant directement de leur petit village, et débarquant pour la première fois à Paris, et moi petite parisienne, enfermée entre le béton et le métro. Et pourtant, je partage aussi leurs émotions, cet instant d’amour et de générosité. Rowshan Golafruz qui offre force et passion, avec sa voix puissante qui fait vibrée toutes les petites fibres à la surface de ma peau ; ma peau qui garde encore les étreintes d’un amour passionné, toute pleine encore de sentiments brûlants. Hasan et Reza Pur’eydiân vont chercher tout au fond de moi les instants les plus enfouis, peut-être mêlés à des souvenirs d’enfance ; un petit souffle secret, une caresse oubliée, un rire qui s’était perdu dans ma mémoire. Et puis, la famille Moquimi m’apporte soudain comme une bouffée d’amour, de joie, de sérénité ; je déguste longuement cet instant magique d’échange, je goûte à nouveau au touché lisse d’une sculpture parfaite, ou d’une peau douce dont la sensation est encore gravée sur ma paume.
Musiques sensuelles, tous chantent l’amour, la vie. Je n’ai pas besoin de comprendre pour ressentir la force de ce message pour partager l’amour, la paix et la vie. N’est-ce pas plus beau de partager cela, que de se battre ? Ne peut-on pas partager l’amour et la vie plutôt que la haine et la mort ? Et a-t-on vraiment besoin de comprendre la langue et la culture pour partager ?

  Mathilde  Bost   

 

InvitÈs

Des tapis persans jetés çà et là sur la scène, de grands coussins rouges posés à même le sol, une petite table où siègent deux marionnettes, et les musiciens en habit traditionnel : un couple, leur fils, un homme, un jeune homme et un vieil homme, tels sont les prémices du spectacle des Bakhshi du Khorassan.
La lumière s’éteint, je ferme les yeux, respire profondément, et me laisse transporter par la musique, le son magnifique se dégageant du Dotar se mariant parfaitement avec la voix du premier barde. Quel enchantement cette voix, cette tristesse dans la voix, comme un instant de bonheur volé au passé. Ces chants sont magnifiques même si je ne saisis pas les paroles, je comprends qu’il chante son amour, la douleur et les sacrifices pour atteindre ce bonheur… Ce que je ressens est au delà de tout, il m’emplit l’âme et le cœur, je me souviens alors des douleurs, des moments de bonheurs volés… La femme, puis l’enfant jouent à leur tour, leurs chants m’enivrent encore et encore de leur langueur, de leur douceur… moments de bonheur et de torpeur partagée avec le public.
Ces chants se font aussi parfois violence. D’une voix forte et rauque, l’un des bardes nous transmet sa colère, sa fierté d’être barde, j’imagine alors qu’il nous conte les luttes des temps anciens, où de fières guerriers défendaient leurs terres contre les envahisseurs venues de contrées lointaines. La musique des Quorbati (le vieil homme et le jeune homme jouant du Dotar) m’entraîne encore plus loin, je vois alors ces vastes pleines, ces terres sauvages, j’imagine des cavaliers traversant des contrées désertiques à la poursuite de leur destin, je ressens alors une certaine plénitude. Les musiciens nous saluent, nous laissant tout à notre plaisir d’avoir partager ces moments avec eux.

  Annick  Ourdi   

 

InvitÈs

Il est des spectacles dans lesquels on entre sans trop savoir à quoi s'attendre, avec cette petite appréhension, cette peur de rester à la porte faute d'avoir les clés, les bagages culturels suffisants pour comprendre ce que les artistes nous proposent. Et bien ce soir-là, pour une fois, lorsque j'ai découvert la scène, lorsque j'ai vu s'avancer les Bardes, j'ai eu la merveilleuse sensation d'être conviée à une fête dans une maison qui m'était plus que familière: je suis iranienne...
Ce soir là, j’ai effectivement retrouvé des choses très familières : Les bardes au nombre de six, en costumes traditionnels sont assis en tailleur sur des tapis et des coussins dans un incroyable chatoiement de couleurs. A cela en effet, rien d’étrange pour celui qui sait qu’en Iran, traditionnellement, ni chaises ni tables pour recevoir, manger ou jouer de la musique… Pour tout mobilier, un petit tabouret sur lequel deux marionnettes, activées par l’un des musiciens, dansent ; A les voir sauter en rythme, tandis que le joueur de dotâr (sorte de luth au long manche et à deux cordes) promène sa main sur son instrument, je ne peux réprimer un cri de surprise tant elles me semblent douées de vie. D’ailleurs, qu’il s’agisse de ces deux petites chèvres de tissus ou des chansons mêmes, des berceuses aux complaintes en passant par les longs poèmes épiques et les légendes, tout parle à l’enfant en moi. Chacun à leur tour les musiciens chantent au son de leur instrument et leur mélopée, toute en glissements et gémissements incroyablement doux me plongent dans une mélancolie apaisante. Ces voix me parlent d’un pays qui vit en moi mais dont il ne me reste que des sensations Je me suis rendu compte avec quelle force une musique que je ne connaissais que par l’intermédiaire de ma mère, une musique que je n’écoutais jamais spontanément parvenait à les raviver. Peut-on imaginer la foule de souvenirs que ces musiciens ont éveillé en moi ?
Je me suis surprise à me balancer de droite à gauche, tout comme les artistes, tout comme ma mère lorsqu’elle me chantait l’histoire de la biche ou celle des deux cousins qui s’aimaient d’un amour impossibles. Je croyais qu’un tel mouvement incontrôlé n’était du qu’au lien très personnel qui m’unissait à ce que j’entendais. Quel ne fut pas mon étonnement lorsque je surpris le spectateur assis devant moi, un occidental bon teint, osciller de droite à gauche de la même manière ! Alors à la question la musique est-elle universelle, sans hésitation j’ai envie de répondre oui.
Oui, ce qui dans la musique parle à l’âme, cette part inexplicable et mystérieuse qui me donne des frissons sans que je puisse me l’expliquer, cette émotion que je partage avec celui qui n’a pas cheminé le long des mêmes sentiers, transcende toutes les barrières, les frontières tout comme celle que l’on sait si bien se créer soit même…

  Hanieh  Hadizadeh   

 

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

Le Khorassan est aujourd'hui l'une des plus grandes provinces de l'Iran située à l'extrême nord-est du pays. Ce nom recouvrait autrefois un territoire plus important qui s'étendait à l'Asie centrale et à l'Afghanistan, occupant alors la position stratégique de couloir de communication entre les steppes et le Proche-Orient. Ayant été depuis toujours un lieu de passage, un lieu de croisement des cultures (c'est à partir de cette porte que les peuples turcs et les Mongols entrèrent en Perse...), le Khorassan, qui était considéré dans le passé comme le centre intellectuel de la Perse, possède encore à l'heure actuelle une richesse culturelle indéniable. Cette zone connaît une très grande diversité ethnique. Les plus importantes peuplades, hormis les Persans, sont les Turcs et les Kurdes. Les bardes eux-mêmes sont issus de ces différentes ethnies et chantent donc dans trois langues.


Les Bakhshi

La vie musicale du nord du Khorassan est le fait de deux groupes principaux  : les âsheq (litt. amoureux) d'une part, les bakhshi (bardes) de l'autre. Héritier millénaire des ménestrels de l'Iran pré-islamique aussi bien que des chanteurs d'épopées médiévales turques, le barde joue un rôle central dans la vie musicale du nord du Khorassan et de l'Asie centrale. C'est avec les Mongols (qui régnèrent sur l'Iran de 1251 à 1335) que le mot bakhshi fait son apparition dans la littérature iranienne et turque. Son rôle semble avoir été celui d'un chamane guérisseur, tantôt celui d'un prêtre bouddhique, au point qu'il est parfois malaisé de distinguer ces deux fonctions.
Titre respectueux dans le nord du Khorassan et parmi les Turkmènes du nord-est du Mâzanderân, le mot bakhshi désigne dans cette région un chanteur, un narrateur de dâstân (récit) et un instrumentiste, qui s'accompagne au dotâr (luth à long manche et deux cordes), qu'il fabrique lui-même dans la plupart des cas. Il joue et chante en général en solo. Les grands bardes du Khorassan, dans leur vaste majorité et quelle que soit leur origine ethnique, sont à même de chanter en trois langues (le turc, le persan et le kurde). Les bardes turkmènes sont une exception à cette règle, ils ne chantent en effet que dans leur propre langue. Musicien professionnel ou semi-professionnel, le bakhshi ne vit de nos jours généralement pas de sa seule musique. La plupart du temps il est aussi cultivateur, berger ou barbier. C'est de son père ou de son oncle que le barde apprend son art durant le temps qu'il vit dans la maison familiale. Il s'agit souvent d'un héritage familial, qui peut remonter jusqu'à sept voire neuf générations. D'autres, en revanche, poursuivent leur apprentissage auprès d'un ostâd (maître). Hommes de culture, les bakhshi jouissent d'un statut social élevé. Leur extraordinaire capacité de mémoire leur permet de mémoriser et de garder vivants les poèmes de temps très anciens. Ils sont les dépositaires de la mémoire historique, légendaire ou locale, ils narrent les hauts faits des anciens héros de l'Iran ou le courage de leur rébellion. Ils chantent aussi des récits religieux et mystiques dans lesquels ils glorifient les valeurs de l'Islam chi'ite.

Si la majeure partie du répertoire bakhshi provient d'une tradition orale, certains récits et poèmes ont été mis par écrit.
Ce répertoire " plurilingue " et " pluriculturel " peut être divisé selon les langues dont il est composé  :
* Le répertoire turc est constitué essentiellement de dâstân (récit, conte)  : récits amoureux (Karamo Asli, Gol o Sanubar), récits religieux et mystiques relatant les miracles des saints (Bâbâ Roshan, Ebrâhim -e Adham) et récits héroïques telle que la grande épopée de Kuroghli.
* Le répertoire kurde, peuple nomade, est très marqué par les événements importants de la vie errante (guerres tribales, révoltes contre l'autorité centrale de l'Etat).
* Le répertoire persan est constitué surtout de Châhârbeyti, quatrains populaires  ; il peut être chanté par des professionnels comme par des non-professionnels.


Les interprètes  :

Roshan Golafruz est né en 1956 d'un père persan et d'une mère kurde. Petit-fils du fameux Aliakbar bakhshi, c'est de son père, le grand barde Hamrâ Golafruz décédé en 1990 à l'âge de 83 ans, que lui vient sonrépertoire et son art. Il représente la neuvième génération de bakhshi de sa famille.

Golnabat'Ata'I et Barat Mohammad Moqimi, dont l'amour rappelle les poèmes qu'ils chantent, se sont en effet mariés très jeunes, contre la volonté de leurs familles (kurdes) en vendetta l'une contre l'autre. Golnabât (née en 1959) avait quatorze ans quand elle s'est enfuie de chez elle pour suivre Barat'Ali (de deux ans son aîné) à Mashhad. Il s'y sont mariés et il est devenu son maître, auprès duquel elle a appris le dôtar. Il s'agit d'une des rares femmes bakhshi de la région. Ils résident aujourd'hui à Bojnurd et, tous deux musiciens professionnels ne vivent que de leur musique en jouant lors des réjouissances villageoises (mariages et circoncisions). Leur fils, le jeune Ali, est sur leur voie.


Les Qorbati

Hasan Pur'eydiân (70 ans) et son fils Reza (19 ans) sont des musiciens réputés de Nishapur, ville mythique du Khorassan. Pur'eydian est d'origine tsigane (luli ou koli). On appelle les Tsiganes au Khorassan qorbati (exilés). Leur présence dans la région remonte au temps des luli, ces musiciens venus de l'Inde à l'époque de Bahrâm Gur, roi sassanide du ve siècle qui fut aussi bien un amateur qu'un amoureux de la musique.
De nos jours les qorbati de Nishapur exercent le métier de forgeron  ; on trouve aussi des menuisiers (kharâât), tels que Hasan Pur'eydiân justement. De fait, lui-même fabrique des dotâr. Il est d'ailleurs réputé à ce titre et ses instruments sont recherchés. Les qorbati parlent leur propre dialecte. Ils ont également un physique distinct  : leur peau est foncée et les cheveux sont d'un noir de jais, comme leurs ancêtres indiens.
Les Pur'eydiân sont avant tout marionnettistes, particulièrement versés dans le spectacle dit " poupée de chasse " (Arusak-e shekâr ou hu baree - gazelle), une représentation de marionnettes propre à la région de Nishapur, qui s'appuie sur une gazelle en bois, un joueur de dotâr et un chanteur. Au moyen d'un fil qui relie sa main droite au simulacre de l'animal, l'instrumentiste fait danser la gazelle tout en frappant les cordes de son dotâr. La " poupée de chasse " ou encore le " garant de la gazelle " (Zâmen e âhu) est une légende qui relève du cycle du huitième Imam des chi'ites, Hazrat-e Reza, dont le mausolée se trouve à Machhad, ville sainte et capitale du Khorassan  : un chasseur, jeté sur les traces d'une gazelle, s'en approche dangereusement. Celle-ci, se retournant, le supplie de lui permettre d'aller allaiter ses quatre petits, promettant de revenir ensuite se livrer à son poursuivant. Il refuse. Au moment où il s'apprête à l'égorger, l'Imâm Reza apparaît et demande au chasseur de l'accepter, lui, en échange de sa proie. Il devient ainsi le garant (zâmen) de la gazelle.

Ameneh Youssefzadeh

 

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