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Zelda ou le masque
Lorraine LEVY

 

Genre :

  Théâtre
Mise en scène :  Stéphane JASSOUD
   Compagnie : Epithéâtre
Avec : Géraldine Ailloud, Emmanuelle Guttel, Jérôme Planès
Décor : Jean Tourneur
Costumes : Géraldine Ailloud

Planning :
 

Espace Alya
31 bis, rue Guillaume Puy   Avignon
Tel: 0490273823
Bus: 1-3-4-5-6-9
  du 10/07/2003 au 30/07/2003 à 16:30
joué seulement les jours pairs



Un homme, une femme, la Nuit.
Deux personnages dans un lieu clos, un troisième qui passe et repasse, nouant puis dénouant les fils de l'intrigue. C'est l'histoire d'une séquestration, d'un face à face violent, parfois drôle, souvent insolite. Une nuit pas comme les autres qui réunit un homme et une femme que tout oppose, si ce n'est leur solitude et leur vulnérabilité. Mais l'otage ne sera pas forcément celle ou celui qu'on croit.

InvitÈs Témoignages des spectateurs

InvitÈs

La scène m’impressionne d’emblée par son austérité : le noir complet, puis dans la pénombre, deux personnages, assez jeunes, un homme et une femme, dans un bureau fonctionnel sans aucune décoration ou fantaisie. L’homme tient la femme en otage avec un pistolet. Les dialogues et les gestes du début me renvoient à une scène très classique: un jeune employé raté, déséquilibré, qui séquestre une jeune cadre symbole de la réussite qu’il n’a pas eu, elle est vêtue de façon formelle, elle travaille tard et c’est d’ailleurs parce qu’elle est la dernière à sortir du bureau qu’il la séquestre.
Puis les repères se brouillent: pourquoi la prise d’otage ? pour fêter son anniversaire ! Un peu de surprise, renforcée par l’arrivée de "la Nuit" d’abord furtivement puis qui se présente (elle vient de Tokyo, va vers Los Angeles), s’installe, bouge beaucoup, prononce ça et là quelques phrases incohérentes. En fait guère moins incohérentes que les propos de l’homme qui étale peu à peu sa personnalité: il s’appelle Arthur (avec un h), est plutôt rêveur (Arthur comme Rimbaud, Miller) et avait recueilli et lié amitié avec un oiseau qu’il a nommé Zelda, un doux nom aux consonances orientales et c’est d’ailleurs ainsi qu’il nomme la femme. Mais non, elle s’appelle Vera et elle déteste le «h» car elle n’en voit pas l’utilité, notamment dans son nom (Hornstein). Elle va à l’essentiel et veut réussir mais sa rencontre avec Arthur la fait se démasquer: elle est séparée de son mari mais a une bague au doigt dont elle n’arrivera à se défaire qu’à la fin.
Bref, une heure plongée dans la nuit, le noir, le gris, de mon esprit, abrupte, parfois difficile à suivre, avec quelques absences mais aussi, avant de rejoindre la canicule de l’après-midi, la joie d’une possibilité d’échanges profonds entre ces deux êtres solitaires, surtout de nos jours où la communication superficielle nous envahit?

  Yves  Minet   

 

InvitÈs

Ambiance jaune sombre. C'est la nuit. Dans un bureau, un homme braque une jeune femme d'un revolver. Il est timide, tremblant, touchant par son regard triste et son besoin d'amour. Je comprend ses bégaiements, j'admire son audace. Si je pouvais moi aussi prendre un flingue pour exiger de quelqu'un un peu de réelle attention, de la sincérité pure, certaine. Mais la solitude reste, aussi entouré puis-je être. Lui ose, lui croit que sous la menace, quelqu'un, par instinct de survie, peut faire l'incroyable: aimer, aimer vraiment, un inconnu qui plus est, l'aimer comme un égal, un humain. La victime est tendue, dure, "asséchée par la vie", comme elle dit. Et il y a la nuit qui tourne, lentement, sourire inquiétant, mauvaise folie d'un homme au bord du suicide. Parfois, il lui parle. L'autre femme aux abois: "à qui vous parlez?" Et lui ne répond pas, tout entier dans sa nuit, sa muse noire souriante et fatale. Est ce qu'il rêve ? Autour de moi, des ombres, assises sur leur siège, contemplent le spectacle. Nous sommes la nuit de cet homme, la solitude contre laquelle vient se heurter sa solitude. La jeune femme aussi a besoin d'amour. Elle garde à son doigt l'alliance d'un mari depuis longtemps parti, qu'elle attend par habitude, par désespoir. Son alliance est son gage de normalité: elle est mariée, elle est des nôtres! Comme mes parents qui ont fait deux beaux enfants, comme moi qui doit garantir à mon entourage une sociabilité à toute épreuve, on n'est pas seul, ça ne se fait pas. C'est donc l'histoire de deux solitaires qui se cherchaient, se trouvent, et s'insultent, se menacent, se vomissent des mots qui blessent, qui tuent. Qu'importe le revolver. Ce qui compte, c'est l'homme, c'est la femme. C'est le besoin d'être ensemble et l'horreur d'être soi. C'est la dureté du regard de l'autre et le plaisir de la gifle qu'il te donne. Peuvent-ils s'aimer? Oui, car ils sont seuls, et tous deux prêts à courir l'invraisemblable risque du don de soi, du spectacle de leur mal être. Non, car ils sont les premiers à mépriser la laideur pathétique, grotesque, de ceux qui mendient l'affection, qui ne savent pas se contenir. La nuit passe. La femme disparait, laissant à l'homme seul dans la pénombre, une alliance. Alors? Les ténébres emportent l'homme alors même que vient le jour. Et je reste avec cette idée lourde: il faut au moins devenir fou pour toucher un peu de vraie beauté.

  Raphael  Koster   

 

InvitÈs

J'adore la situation provoquée où se débattent ici les personnages, un huis clos d'un homme et d'une femme enfermés dans un bureau qui va amener ces deux solitudes poignantes à déverrouiller leurs blocages intérieurs. La situation, bien qu'elle soit dramatique (l'homme pointe méchamment dès le début son revolver sur la femme en menaçant de la tuer pour qu'elle reste) n'en reste pas moins légèrement burlesque. Qu'il souhaite qu'elle reste uniquement parce que c'est son anniversaire me semble être bien de la folie douce. Puis je m'inquiète tout de même sur la violence dont il serait capable quand il s'épanche sur sa vie médiocre et ordinaire qu'il cherche comme dans un dernier sursaut suicidaire à sublimer. Joue-t-il son va tout? Sera-t-il assez dément pour la tuer? Retournera-t-il l'arme contre lui quand finalement dans la deuxième partie de l'histoire, il décide de la laisser partir? Un personnage imaginaire incarne la nuit et est omniprésent dans la pièce et je trouve que cela donne de la profondeur à cette histoire. Je situe plus à ce moment les événements comme se déroulant dans un conte fantastique comme si nous étions dans les pensées de l'homme, dans son rêve ou même dans une prise de conscience foudroyante qu'il a de sa vie et de la nécessité qu'il lui faut provoquer quelque chose s'il veut survivre. Il me semble qu'il est question de vie et de mort. La prise de conscience pour la femme et l'homme qu'ils ne peuvent se passer d'Amour et de l'estime de l'Autre car ils souffrent trop. Ils dévoilent avec les mots ici enfin comme une délivrance ce qui les déchire. Et cette sincérité me touche beaucoup. Je pense que les déclics et les ruptures pour accéder à des états plus élevés de conscience sont des moments intenses et très beau. C'est ce qui me semble exprimé dans cette confrontation. Rien ne se fait sans heurts et sans violence et on n'obtient rien sans prendre des risques. L'homme a payé de son immobilisme et de sa lâcheté. La femme de son aveuglement. J'aime bien que l'histoire finisse bien. La femme enlève sa bague qui signe sa nouvelle liberté et je ne doute pas, moi qui suis optimiste, qu'après la nuit qui est passée, l'homme ne se hâte d'aller la rejoindre.

  Florence  Issac   

 

InvitÈs Dossier de Presse

InvitÈs

Note d'intention

Le fil conducteur de la pièce est le dévoilement progressif de deux êtres, l'un pour l'autre, et chacun d'eux pour le public. Ils sont placés dans une situation forte  : le huis-clos. La tension est maintenue par un rapport de force très instable. La mise en scène s'attache à valoriser ces aspects par un travail sur l'ombre et la lumière, en rapport avec la position des corps et des visages, à l'arrêt comme en mouvement. Le personnage de la Nuit est présent de bout en bout et utilise pleinement le dispositif lumineux pour moduler sa présence, entre la pleine apparition et la totale disparition. Son regard sur les protagonistes et sa proximité vis à vis d'eux font que la situation
apparemment très réaliste basculera dans l'imaginaire.


L'auteur

Auteur dramatique, metteur en scène et scénariste, Lorraine Lévy est née en 1959 à Boulogne- sur-Seine. Après des études de lettres et de droit, elle fonde la Compagnie de l'Entracte et exerce parallèlement son métier d'auteur et d'éditeur de livres d'art .
Suite à sa collaboration avec J.-L. Dabadie, elle devient scénariste pour la télévision et le cinéma.

Ce texte a reçu le prix Beaumarchais de la SACD en 1991. Il est publié aux Editions Théâtrales.

La compagnie Epithéâtre

À la date de création de l'association l'Épithéâtre dont la compagnie est homonyme, les 5 membres (4 comédiens  : Géraldine Ailloud, Marc Lefebvre, Jérôme Planès, Lucette Ribet, et le metteur en scène  : Stéphane Jassoud) travaillaient ensemble depuis 2 ans environ. Les comédiens qui composent la compagnie ont tous un passé théâtral riche  : expériences diverses de pratiques, culture théâtrale forte, un bon nombre d'interprétations de rôles pour chacun, etc...


1999  : Sous le nom de EpiThéâtre, les mêmes personnes ont participé, en tant que « Complices » au Réveillon du 31 décembre 1999, organisé par le groupe O, suivant le projet qui a remporté l'appel d'offre de la Ville de la Grenoble. L'animation de l'Espace 600, à la Villeneuve, avait été confiée à l'Epithéâtre par sa directrice Geneviève Lefaure.

2000  : L'Épithéâtre a produit un texte pour 4 personnages (2 femmes, 2 hommes), constitué de 8 scènes. La construction des personnages et du synopsis est née d'improvisations. Le texte résulte d'une écriture collective, où les propositions de chacun des 5 auteurs ont été mises en commun. La version finale respecte un langage propre à chaque personnage, marqué par celui de son créateur. Ce texte a fait l'objet d'un travail de mise en scène mais n'a pu être présenté au public.

2001  : En janvier 2001, la compagnie a préparé un nouveau spectacle. Il s'agit du texte intitulé « Zelda ou le masque » de Lorraine Lévy (1991, Librairie Théâtrale éditeur). La pièce a été joué le 17,18 et 19 mai et le 18, 19, 20 et 21 octobre 2001 à la salle polyvalente Waldeck Rousseau dans le quartier St Bruno à Grenoble. Face au succès de la création, neuf représentations supplémentaires ont été proposées à la salle Paul Bert de Saint Martin d'Hères du 19 au 29 septembre 2002. Nous avons reçu peu de monde sur la totalité des représentations (150 personnes), mais le spectacle a toujours été bien reçu, autant par le public que par les professionnels. Ce spectacle sera diffusé au cours de la saison 2002/2003.

2002  : En janvier 2002, la compagnie se lance dans la création de « Les muses orphelines » de Michel Marc Bouchard (1988, Editions Théâtrales). Pour cette pièce, nous avons obtenu le Théâtre de Poche de Grenoble ainsi que le soutien de la ville et du conseil général de l'Isère. Du 14 au 30 novembre 2002, uniquement les jeudis, vendredis et samedis, le spectacle a été joué devant un public nombreux (350 personnes) et enchanté.
Cette pièce sera jouée à l'Espace Alya lors du festival d'Avignon 2003 et diffusé en tournée.

Au cours du mois de décembre 2002, l'Epithéâtre a participé à la diffusion de la culture tchèque en France à l'occasion de la « saison tchèque en France 2002 » faisant partie du programme national « Bohemia Magica ». Nous avons mis en place une semaine de manifestations sur l'agglomération grenobloise dont le thème central est le théâtre (lectures, mise en scène d'une pièce radiophonique, contes). Un colloque ö rencontre a eu lieu avec plusieurs personnalités françaises et tchèques à l'université de Grenoble.

 

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